



limpide, calme, transparent, pas de frontière entre le fond, l'horizon, la surface, comme aux Palottes, exactement comme aux Palottes certains soirs de ces étés déjà loin, les étés où , les étés qui, ces étés sans limite à l'horizon, au fond, à la surface ; c'est exactement comme aux Palottes, ces certains soirs d'été, où le ciel s'embrase, le ciel rouge, la surface du golfe comme un miroir, exactement ces soirs là , avec le cri des mouettes comme étouffé, avec le vent comme empêché , avec le ciel rouge, le ciel orange, le ciel indigo, enfin bleu nuit , exactement comme ces soirs là la mer étal, limpide, transparente, tranquille, sereine, l'horizon noyé dans le fond, la surface emmêlée dans la peau du ciel ; exactement comme aux Palottes, ces soirs là, et pas d'autres, ces soirs rares où je tenais le temps posé sur ma peau comme un papillon, où tout était exactement raccord , où le temps murmurait éternité, suspension, pause, point point point dans chaque recoin de mon corps coeur boyaux muscles os peau fluides : étal . parfaitement étal. sinon, tumultes rages rage rage , elle me tord les boyaux la chienne, le coeur, les muscles, la peau, les os, les fluides . mer intérieure agitée, vent force 8 et contrevent , ça hurle, ça siffle - ah tu peux toujours courir respirer tenter le présent , elle te tient . qui le voit . personne. qui l'entend . personne . qui le sent. personne . bien planquée derrière l'armure, la chienne enragée. Bien calfeutrée derrière la peau d'étain . comme d'autres soirs aux palottes, la mer étal mais d'étain, traîtresse, menteuse. tu vois, je sens parfois que c'est à deux pincées de déborder exploser foutre le camp aux quatre vents - tout à l'heure, je leur ai dit, à certains, ça va péter , je leur ai dit vous avez déjà vu ça un pétage de plombs, je leur ai dit , ils se sont marrés, moi aussi, on a fait semblant de lâcher les fauves . j'ai senti l'étal quelques secondes, plus tard, la surface, le fond l'un dans l'autre embrassés . ça dure jamais. quand je trouve la clé, j'ouvre la porte