1 mai 2013

l'air de rien


les papillons jaunes par milliers sur la peau verte de la terre
sa voix de piccolo qui me glisse sur l'épaule : "tout s'illumine"
le tambour de la pluie l'odeur de la pluie le parfum du goudron éclaboussé de pluie
les rivières sous la peau de mes joues , tumultueuses ( les tueuses de rêves . j'ai pensé )
sa voix de piccolo qui me glisse sur la joue : "tout s'illumine" et c'était vrai 

14 avr. 2013

bâtisseuses









on dirait qu'avec des lettres je construirais du vent, on dirait avec mes os je bâtirais des cimes enneigés, on dirait qu'avec ta peau je tendrais des arcs dont les flèches fendraient la terre noire et profonde, on dirait qu'avec l'écorce de chaque arbre de chaque forêt je tricoterais une cuirasse de sel et de pluie, on dirait que dans le ciel je taillerais un manteau épais chaud et léger tout brodé d'herbe fraîche, de perles d'aurore, on dirait que là je serais invincible.

1 avr. 2013

poisson arboricole


écho, ecco, ecco ,
Mère Castor,
une ébauche de Méduse d'arbre,
Belle de printemps, nid, oeuf, la sève monte .
ici, c'est comme ça , Méduse est une bonne femme pleine de promesses,
bien entourée, orvet, vipère, couleuvre, les amies du jardin ,
jardin-fée.

28 mars 2013

amorces





limpide, calme, transparent, pas de frontière entre le fond, l'horizon, la surface, comme aux Palottes, exactement comme aux Palottes certains soirs de ces étés déjà loin, les étés où , les étés qui, ces étés sans limite à l'horizon, au fond, à la surface ; c'est exactement comme aux Palottes, ces certains soirs d'été, où le ciel s'embrase, le ciel rouge, la surface du golfe comme un miroir, exactement ces soirs là , avec le cri des mouettes comme étouffé, avec le vent comme empêché , avec le ciel rouge, le ciel orange, le ciel indigo, enfin bleu nuit , exactement comme ces soirs là la mer étal, limpide, transparente, tranquille, sereine, l'horizon noyé dans le fond, la surface emmêlée dans la peau du ciel ; exactement comme aux Palottes, ces soirs là, et pas d'autres, ces soirs rares où je tenais le temps posé sur ma peau comme un papillon, où tout était exactement raccord , où le temps murmurait éternité, suspension, pause, point point point dans chaque recoin de mon corps coeur boyaux muscles os peau fluides : étal . parfaitement étal. sinon, tumultes rages rage rage , elle me tord les boyaux la chienne, le coeur, les muscles, la peau, les os, les fluides . mer intérieure agitée, vent force 8 et contrevent , ça hurle, ça siffle - ah tu peux toujours courir respirer tenter le présent , elle te tient . qui le voit . personne. qui l'entend . personne . qui le sent.  personne . bien planquée derrière l'armure, la chienne enragée. Bien calfeutrée derrière la peau d'étain . comme d'autres soirs aux palottes, la mer étal mais d'étain, traîtresse, menteuse. tu vois, je sens parfois que c'est à deux pincées de déborder exploser foutre le camp aux quatre vents - tout à l'heure, je leur ai dit, à certains, ça va péter , je leur ai dit vous avez déjà vu ça un pétage de plombs, je leur ai dit , ils se sont marrés, moi aussi, on a fait semblant de lâcher les fauves . j'ai senti l'étal quelques secondes, plus tard, la surface, le fond l'un dans l'autre embrassés . ça dure jamais. quand je trouve la clé, j'ouvre la porte

18 mars 2013

édicule


une nuit même pas de pleine lune germination de la colère ramification intensive et galopante comme une sale maladie rongeuse d'âme de chair, la dévoreuse, rat. démesure hallucinée, je ronge mon frein sous le drap, tentative de respiration aspiration expiration - expirer, une fin , lutte vaine . et pourtant à peine quelques heures en amont , j'ai expurgé les maux au fond des bois - les sous-bois blancs ici ultraviolets là . ultraviolets. velours , brocard, ils enveloppent la belle de la forêt, la biche cette fois c'est elle . un fond vaporeux , on se sent pousser des ailes , toi, moi, elfes du soir . et pourtant à peine quelques heures en aval, le galop noir de la dévoreuse de songe, elle pousse dans tous les recoins de mes chairs , se drape d'ultraviolet, la faussaire. quand le jour vient, elle lâche la bride, repue, à moi le sommeil blanc et puis, après, plus rien, tu vois inutile ce ramdam nocturne. au soleil , ça fond. ri. di . cule. mi . nus . cule. i . nu . t' île.

15 mars 2013

ta bouche





sur les dalles elle a fleuri la glace vraiment fleuri réseau capillaire, sanguin, presque ma main sa peau transparente et tellement sèche comme un parchemin et la tuyauterie dessous bleue la peau de l'hiver qui ne se décide pas à jeter l'éponge encore sur le ring et bing, et bang, tiens, dans ta face, ko le nord out , les ours du coin se sont vaguement retournés , tu parles , autant y retourner, à l'hibernation . bref, j'ai glissé, volé un peu , flotté sans doute, arrêt sur image, le soleil éclabousse les stalactites , fait briller mon oeil bleu-de-gris . oh . après me suis égarée pour graver sur galette chrome les traces de leurs hiers imaginaires . pfuit, le temps esquinté. finalement, j'ai posé mes os sous le ciel et cette fois égarée, oui, mais consenti l'égarement, avec le temps garnement pendu à mon cou nous avons mis sous cloche un baiser/une baie/une.

13 mars 2013

cavalcade




comme une folie furieuse sous le globe ah ah ah ah les paupières lourdes du plomb contradiction épuisante. des hauts des bas. je monte l'échelle je redescends l'échelle je monte l'échelle je redescends l'échelle je monte l'échelle je redescends l'échelle - et en plus le vertige . l'extérieur me copie conforme . le dehors comme mon dedans . des hauts des bas . humain humain hume main . à force de regarder je tombe dedans narcisse . heureusement, la neige . tout recouvrir, tout cacher, tout oublier et recommencer , emprunter l' échelle de nouveau , empreinter. eh regarde je suis là , ici, là , nulle part , autour , de dans , de hors . je dehors comme ton dedans. la nuit  macule le blanc bleu de chine, bleu de chauffe , Josette et Henriette s'emmêlent les plumes - l'arbre aux moineaux tombe les plumes . sur la tête de mémé le printemps refleurit de nouveau , recommence, recommence, recommence , avance . ou allongée sur la pierre, chauffe Marcel.

8 mars 2013

locus solus








dédoublement de moi cristallisation évaporation genre Alice au pays tu vois. ou l'errance du moine chauve sur les collines pelées au clair de lune mais ciel nuageux, invisible la lune. sous le ciel bleu bleu azur bleu céruléen  bleu tellement que j'ai crû qu'il mentait, reprise de terrain, auscultation des arbres du verger , la peau des pommiers tendue, l'éclosion au bord des lèvres des bourgeons et de l'autre côté du mur les troncs tordus tatoués des sureaux . ah . j'erre ensuite, ectoplasme, entre les heures du travail qui s'égrènent , entre l'envie et le dégoût , entre les bourgeons ventrus de projets et le désir d'abandon, lâcher l'ancre au fond de l'océan et partir à la dérive - à moins que je ne godille . ah . retour du ciel blanc , je caméléone sur le ciel blanc , fantôme. les suraux tordus, abris des sitelles, ont été mis à terre hier de l'autre côté du mur . je dégouline très lentement, cire . sinon, j'ai rencontré un inconnu qui ne l'est plus, tellement improbable que j'ai crû qu'il était inventé , j'ai rencontré Raymond Roussel , il m'a pris la main . ah . 

1 mars 2013

ode hissée


j'ai habillé la lumière de papier peu de temps après midi en fait bien 14 heures sonnées - hors les murs la lumière est uniforme et plate et morne et mélancolique aussi je perds la notion du temps - lumière de mars comme celle de février quitté hier, plus de frontière, lavis . après je ne sais plus vraiment , j'ai dessiné et mon coeur dans ma main . la petite a épuisé ses histoires de capes, d'épées, de monstres avec la musique qui va bien trompettée du bout de la bouche, du jour . nous avons mis le nez  et le reste dehors dans le blanc laiteux et plat et immobile et interminable du ciel et nous avons croisé d'autres humains, rugueux, râpeux,  vivants je crois . la grande façonne des corps blancs laiteux presque vivants , aussi . Sinon, Josette ruse pour rejoindre son perchoir sous le toit : elle vole d'abord sur la barre intermédiaire, je l'ai vu . Sinon le hasard n'existe pas mais l'écho oui . la lumière du dehors vire au gris glaciaire quand je me rappelle l'écho de la mère castor , et l'indice raccommode ses visages cocons à mes îles poumons . je peins des arbres , je dessine des organes , le hasard ou le bazar sur ma table voilà une carte de l'odyssée et les îles audacieuses dans mes poumons dans mon coeur, je suis Ulysse je ne reviens pas, je n'en reviens pas - c'était il y a déjà quelques jours (je vous ai dit que je perdais la notion du temps ?) - et maintenant atome crochu avec ses sirènes . Sinon, j'ai entamé une intéressante passionnante collection de bobos de pied - l'anatomie pédestre n'a plus de secrets  presque plus de secrets prendre son pied prendre son pied la belle affaire.

écho de février à la Mère Castor ... Ulysse et les sirènes.

28 févr. 2013

l'équateur



nous avons joué à l'été et mangé une salade de riz . la peau de la maison mue - ça ne sert pas à grand chose tu sais mais c'est comme exister, un pieu mensonge . les chataîgnes ramassées un jour roux de novembre au bord du Léguer. les chataîgnes que nous n'avons pas mangées . les chataîgnes que nous avons oubliées - comme chaque fois me diras-tu- dans leur sac en plastique bien en évidence dans la cuisine pour ne pas les oublier et penser à les faire griller dans la poêle à marrons que nous avons égarée il y a longtemps - ceci explique cela, si vraiment il faut une raison - les chataîgnes ont germé ça sentait l'humus le sous-bois quand j'ai enfin ouvert le sac de plastique bien en évidence dans la cuisine, un jour de décembre . la promesse d'une forêt - oui, tout de suite, surdimension, forêt, même équatoriale peut-être, équateur du nord . je les ai plantées. à la veille de mars, la forêt pousse toujours une forêt de 13 troncs de 10 à 20 cm d'altitude autant d'envergure, énorme, bien feuillue vert chlorophylle - totalement hors temps hors normes si je le mets dehors maintenant, mon taillis crève . les saints de glace en boîte, tu vois, c'est prévu - il ne faut rien prévoir, vivre au présent , mais le jardinier lui il projette sinon ça crève - nous planterons la forêt équatoriale et , nous leur avons expliqué - tu ne parles jamais aux plantes toi - en trognes nous vous ferons grandir . arbre-têtard, arbre-trogne, au fond du jardin de ville ou dans le verger des champs ce n'est pas encore décidé, arbre à hauteur d'homme taillé sans douceur mais promesse de vie - dans cinquante ans, quand ils seront morts, quand nous serons morts, ils seront debout avec leurs bosses, leurs caries, leurs corps sensuels vivants de mille minuscules vies des insectes qui n'habitent que les trognes l'humus à tous les étages . ça sera ma trace . tout ça dans un arbrisseau de 20 cm vert luisant à la veille de mars - promesse de vie quand une autre s'est éteinte . ça ne console de rien . ça avance, juste . je suis un jardinier ici et maintenant et rien ne crève pour rien . la peau de la maison mue . c'est très joyeux . en fait .


Alfred on the Moon a pendu de nouveaux mobiles à son plafond (à côté de son araignée) - c'est LA.

26 févr. 2013

y a plus assez de ce qu'il faut

je suis une horloge qui ne se remonte pas - pas en ce moment - ouverture des paupières à heure fixement régulière (si tu y penses très fort, c'est presque, presque effrayant) ; il y a des restes de nuit accrochés dans les cils , des filaments qui s'estompent plus ou moins rapidement -genre scénarii de SF vraiment F , ou cauchemars lancinants et tournenbouclant de boulot, soit je suis une héroïne soit je suis une povnaz . évidemment je préfère les filaments SF même si souvent c'est effrayant étrange déroutant vraiment trop réel déstabilisant . aujourd'hui : idem (mais version deux) . aujourd'hui 36e dessous : comme une horloge , idem idem idem . aujourd'hui n'est pas encore le jour où . le jour où j'ai dompté mon ego . le jour où j'ai vécu plus libre . le jour où j'ai vécu plus simple . le jour où less is more . le jour où j'ai souri pour rien . le jour où j'ai juste respiré . le jour où ici et maintenant . il m'a serré très fort , toujours, toujours, comme un arbre . finalement des mobiles sous le ciel, tout l'après-midi : ça fait l'ici et maintenant . ça simplifie . c'est juste . finalement serrés , 255 ans tous ensemble, approximativement - on ne sait plus vraiment (tu ne comptes plus à un certain moment, ou toujours moins que plus) , des horloges qui avancent .

mobile-grigri (sorcellerie blanche) pour ma soeur-louve

22 févr. 2013

acupuncture



l'improbable du jour c'est le rayon de soleil qui filtre dans les interstices du store et en fait quand je l'ouvre il neige il y a des flocons accrochés au vélux le jardin ressemble à un gâteau au chocolat poudré de sucre glace - un gâteau au chocolat vert - de l'or fondu dans le ciel du bleu aussi . ces flocons viennent d'où . la petite reprend sa performance débutée la veille, écrire tous les chiffres jusque mille, voire plus , elle rêve d'aller à dix mille - quelque chose comme un flocon de neige dans le ciel bleu , ou un gâteau de chocolat vert . rien ne dure, même pas les petits miracles . du coup, la neige disparaît . du coup elle met en scène un film en cinémascope et technicolor avec la musique qui emporte le vent l'escalier devient les espaces désertiques, les châteaux dans des jungles avec enlèvements poursuites tatatatadam retournements de situation méchantes terribles belles éplorées -est-ce que tout finit bien ? dans le même temps je pendouille en noir et blanc des coeurs dans un arbre rouge je cartographie les arrières-plans je hachure de blanc une paire de poumons je prends en photographie du muscle-promesse bleu étoilé, l'amour toujours-est-ce que tout finit bien ? finalement, on a mangé des madeleines de campagne et du gâteau au chocolat marron de ville 






21 févr. 2013

vent d'est, ciel bleu

ce matin il y a un étourneau dans la pelouse - RIP - c'est le 2e en 2 jours ; donc un psychopathe traîne dans les fourrées . vent glacial, je me contente de l'observer du dedans parce que j'ai le nez qui coule. j'ai posé sur la nappe à fleurs bleu pétrole bleu gris bleu azur des assiettes de semoule à la tomate, orange , contraste facile et parfait . je traîne mon ombre à l'étage pour peindre les portes en perce-neige, genre contraste facile et parfait sur les murs acapulco . vent glacial . l'étourneau n'a pas bougé - évidemment . les chats, l'orange, le rose -oui,  rose- tournent autour juste , et repartent faire des bonds de chèvre sauvage dans le vent glacial . donc ce n'est peut-être pas un psychopathe à poils - j'imagine un vilain qui empoisonne les étourneaux , ça piaille trop fort ces bestiaux, c'est ce qu'il pense , et qu'il y en a trop sur son râteau de télévision qui ne sert plus à rien parce qu'il a une parabole mais ça fait joli, genre arbre, bon sans feuilles, mais alors . je dessine le circuit de l'eau, de la mer au nuage à la pluie au nuage à la neige au glacier aux ruisseaux aux rivières à la mer en boucle, dans un corps d'humain asexué, au fond il y a un arbre sans feuilles -genre râteau de télévision d'avant . on pose nos carcasses dans le canapé, tu vois j'ai mal là, et moi, c'est là, merde, on vieillit tu crois et on boit un thé rouge-vert qui s'appelle scarabée d'or, nous sommes des princesses égyptiennes, ça doit être ça . dehors les loupiaux. ça piaille trop - pire que des étourneaux , elle et il tapent dans un ballon dégonflé, les gilets ouverts dans le vent glacial . ils frôlent l'étourneau imperturbable sans le voir . une fois . deux fois . repéré . on leur dit de fermer leurs gilets par la porte entre-baillée, j'ai toujours le nez qui goutte, mais on les regarde tripoter le corps mou avec des branchettes - c'est nous les psychopathes ? - finalement, elle et il l'enterrent au pied du bouleau, c'est plus intéressant que de taper dans un ballon dégonflé . si demain il y a un étourneau dans la pelouse - RIP - je l'empaille ou je cherche l'antenne sans feuille .

18 févr. 2013

peinture


je n'ai pas remis les mains dans le cambouis
ça me fait un trou dans la poitrine, le manque
à la place , j'ai peint des murs, ça a rempli des vides
c'est doux maintenant dans son nid , mon pinson,
mon moineau délaisse du coup la stratosphère sous le toit
j'ai acheté un pot d'Acapulco , après tous ces tons neutres et doux ,
le coup de fouet, clac , ou l'espoir d'emprisonner ce ciel d'été au coeur de la maison
est-ce que ça comblera le trou dans ma poitrine
les moineaux ont repris leur place de guetteurs :
l'arbre à moineaux moineaute
la mésange bleue rend chèvre le chat orange
j'ai vu aussi un pic épeiche (un jour),
même un troglodyte mignon - mais peut-être pas
j'espère des sitelles
je mettrais des orties en pot pour une haie folle

14 févr. 2013

ici



Sur l'arbre à moineaux, pas de moineaux aujourd'hui,
des perles de pluie, je suis riche
je règle mon oeil sur gros plan
mon petit jardin devient grand comme avant
je suis Don Quichotte, parfois,
ou je manque d'humilité

13 févr. 2013

tintamarre



le coeur du monde est de nacre
les soirs d'avril je n'entendrais plus le rossignol
le soir désormais j'entends des combats de cloches
mon coeur est de papier
suis-je compatible avec le monde