16 août 2016

lotus solus


Toi tu pars au Japon et moi je ne sais pas
je reste là
je m'évapore
qu'allons-nous faire.
Toi tu passes dans le couloir la nuque courbée
ton corps effacé dans ta robe sac
ton corps en majesté dans ton havre-sac vert piquant
montrer révéler et cacher dans le même espace
et cet air de chien battu qui me donne envie de te
gifler
griffer.
Tu m'horripiles.
Bon.
Que faire.

Téléphoner à Jack le Haricot et lui dire que j'accepte la mission.
OK Jack.
J'y vais je vais arracher la peau de cet enfoiré, la tanner et t'en faire des chaussures
des chaussures à talon et à bout carré
T'auras la classe Jack et moi le sang sur les mains.
Je vais faire ça bien Jack.

Ou alors
vider la vieille valise en carton et cuire debout le bordel que j'ai mis dedans,
y mettre mes clics et mes clacs et me faire la malle. Je vais partir.
Je pars, c'est décidé.
Je taille la route.
Dans ma valise ma chemise à fleurs, trois crayons de couleur bien taillés, un roman effrayant, mes lunettes de soleil. Je prends le train de nuit et je file à Porto.
Sous mon panama derrière mes lunettes noires je regarderais passer les hommes sur les terrasses de velours je mangerais du cochon aux palourdes j'oublierais le temps qui passe le temps qu'il fait j'oublierais mon nom mon âme et ma taille de pantalon .
Une mouette qui vole et puis c'est marre.



29 mai 2016

calcaire





j'ai dû m'assoupir, baisser la garde . à mon réveil, c'était déjà le mois d'après . les heures ont larguées les amarres sans rien me dire, elles ont glissé en silence bien aplaties contre les murs, personne n'a rien vu, surtout pas moi avec ma carcasse vide comme un fantôme.
hier les arbres au fond du pare-brise avaient exactement la même forme que les nuages, l'un l'autre fouettaient le ciel, épousailles. 
aujourd'hui le ciel est immobile absolument comme le temps, calcification interne, on se regarde en chien de faïence. bizarre . 

A Saint-Léger, belle abbaye de Soissons, j'ai accroché quelques derniers-nés, nés dans des hoquets, entre deux vides intersidéraux . 
C'est ouvert jusqu'au 12 juin, l'après-midi, mais pas le lundi, et même en soirée le jeudi, le vendredi. On y entre librement, pas de risques. Tu peux venir si tu veux. 

L'ardeur (broderies, cheveux sur taie ancienne teinte)
Bois de trousseau (sculpture textile de dessous féminins et draps anciens)
Aménophile 1 et 2, Fantômes, Les Murmures , entre des restes de pierres tombales 
c'est toujours une histoire de temps .

16 avr. 2016

marmites et pissenlit



























je suis retournée à Venise
nous y sommes allés ensemble
nous avons pris la photo devant les Tétrarques , celle qui jalonne notre vie commune, avant même ma naissance
nous avons marché, dansé, et ri, nous nous sommes gavés d'asiago, de gnocchi, de cicchetti, de spritz
nous allons y retourner, bien sûr, et peut-être pousserons-nous jusqu'aux racines plus profondes, du côté de Villabruna, où je mangerais une glace à la banane
les petits détails s'enracinent
parfois germent

5 mars 2016

j'ai trop froid


# 52photoproject2016

9/ thé

j'ai froid dedans le coeur
il me faut un manteau en peau de thé
peau jasmin
peau earl grey
peau vert
peau blanc
peau noir
peau fumé
peau genmaicha
peau fleuri
peau fruité
peau amer
peau paysage
je tannerais mes peaux de thé et m'en ferais un manteau précieux pour réchauffer mon coeur de glace


26 févr. 2016

habiter les mots



8/livre

un pan de livres parmi d'autres, celui-ci géographiquement situé à un pas de mon lit, la niche aux livres de coeur, les adorés, les très aimés, parfois pour des raisons sans queue ni tête , des amours déraisonnables, des amants réguliers, quelques autres de passage, autant de lieux à habiter, certains qui me hantent de leur nitescence permanente



19 févr. 2016

fantômes sur papier mat


#52photoproject2016

7/ carte postale

parfois un regard te saisit
une lumière au fond des yeux, une vie trépidante dans une pupille, une promesse de farce
ces regards sont comme des papillons épinglés et mis sous verre, singulièrement vivants et sans doute six pieds sous terre
il en reste la trace qu'a saisi un photographe d'une époque engloutie sous la lave du temps comme un dinosaure, imprimée sur un carton désormais jauni et la place au dos pour écrire des mots d'amour, d'amitié, un éclat de rire, sous la belle typographie qui nomme l'objet - 'carte postale'

carte postale ancienne . sous globe : Au bois de mon coeur - Hortus 2




17 févr. 2016

chanter sous la pluie

mi




mise au vert 
mise au point
écoute intensive d'oiseaux sauvages, écoute intensive de fantômes d'oiseaux, écoute intensive de pluie sauvage, écoute intensive d'enfant sauvage, écoute intensive de fantômes de pluie
voilà
c'est bien

(musée zoologique de Liège . Esneux) 

12 févr. 2016

sans objet


#52photoproject2016

6/objet

sans objet
ou la mélancolie d'un monde qui s'éteint
la clairvoyance comme une malédiction
coquille vide


4 févr. 2016

les bleus à l'âme comme des éclats de chocolat


#52photoproject2016

5/ bleu

les bleus du crépuscule ou de l'aube 
ce bleu que nous mangeons à la petite cuillère
bleu épais comme un manteau pour la Sibérie 
et tous les petits bleus sur ma peau et tous les petits bleus sur nos âmes comme des myosotis 

et milles idées, mille rêves, mille projets qui se fracassent sur les replis de mon cerveau comme autant de vagues sauvages et joueuses de l'océan 

29 janv. 2016

flou


#52photoproject2016
4/flou

comme je suis aujourd'hui, comme nous sommes
flou sur les contours, flou à l'intérieur
il s'agit peut-être juste d'un brouillard passager, une brume légère
je navigue à vue, l'oreille à l'affût ; si l'oeil est défait, il reste les autres sens pour avancer

et :
Alfred dans tous ses états
remake
Robin Willians, acteur flou, dans Harry dans tous ses états

21 janv. 2016

les petits pas


52 weeks photo project / 3 / shoes

j'avais bien songé à mettre en scène mes  shoes, nos shoes , mes vieilles bottes, mes boots de Gand, mes shoes italiennes, espagnoles, celles qu'un cordonnier a façonné, les belles à talons pour faire la belle qui va danser,  toutes ces boîtes à pieds, patinées par le temps, les embruns, les sols, les kilomètres, 
mais il y a ces petites merveilles.

les petits pas habités

les petits pas dansant

tac tac tac


12 janv. 2016

bois sauvage


52 weeks photo project
#2#
Bois

sous mon toit
il y a
de très vieux bois taillés en table, commode, bureau, étagères
des bois de cerf
des bois de chevreuil
trouvés dans les bois
des bois tordus
de ceux qu'on ramasse dans les torrents
dans les lits de rivière asséchés
l'été
et qu'on porte comme un trésor sur des kilomètres
des bois cousus dans d'anciennes chemises de nuit
des 'bois de trousseau'
des petits bouts de bois polis par la mer
qui ont rempli des poches
un jour de grand vent
des brindilles comme des sculptures
des bois-sans-soif
des buches de bois
promesse de flambées joyeuses
des bois mystérieux dans des recoins


10 janv. 2016

de l'autre côté




j'ai commencé et poursuivi une série de série
la série des boîtes à rêver
la série des coupes d'arbres
la série des filles qui rêvent
la série des Alice

je mets en boîte des petits mondes, je me fais des films, je monte des spectacles, j'assemble, je tresse, je tricote des bouts de montres avec des bouts de plumes
des mondes de quinze sur quinze centimètres, des spectacles sur des plateaux de trois centimètres sur dix-huit, des films en cinémascope et technicolor grand comme ma main

ces moments-là me sont précieux, alors je suis pleine et entière, alors je respire
je les mange
je les bois
je les ranime
je les vole au quotidien
je les vole

Alice : 'A l'oeil'  et  ' Coup de temps' 
Les filles qui rêvent : 'tempête'
Boîtes à rêver : 'Clair de Terre'