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30 mars 2018

les allers retours





des lambeaux de moi se décollent, c'est un peu douloureux, tout-à-fait fascinant, je me prends un peu les pieds dedans, je ne me reconnais plus vraiment, je ne sais plus trop où je suis . j'ai raté un train, oublié une identité, fait deux allers-retours coup sur coup pour paris, un aller-retour d'ici à charleroi, le soleil couchant sur la sambre a comme mangé les gens sur le quai, un aller-retour de l'atelier à la galerie, le train pour paris, je me suis perdue dans la foule, j'ai retrouvé mon souffle un instant entre deux mailles (l'idée de voler un ou deux Minimes de S.Hicks m'a effleurée), j'ai marché, j'ai marché, je me suis endormie bien trop tard, la pluie sur les toits gris, j'ai emprunté un parapluie, j'ai marché, j'ai marché, je me suis perdue, encore, encore, et encore, j'ai raté deux rendez-vous, mais ramassé deux caisses à vins vides parfaites, j'ai marché, j'ai marché à côté de moi, j'ai perdu mon ombre, et les mots, j'ai pris le train, j'ai dormi, pas dormi, les yeux ouverts dans le noir, j'ai attendu que le merle chante pour penser que le jour était de nouveau là, j'ai écrit, j'ai écrit, j'ai écrit, je me suis regardée écrire, je me suis demandée qui j'étais, j'ai pensé que j'étais un mensonge, j'ai flotté, j'ai fait un aller-retour d'ici à amiens, la porte était close, j'ai pensé trop tard plus tard qu'ils ne devaient pas être si loin, j'ai raté un rendez-vous, je marche, je marche, les lambeaux se détachent, je ne ressemble plus à rien, ni à mon père, ni à ma mère, ni à moi enfant, ni à moi vieille, ni à un oiseau, ni à un brin d'herbe,  je me sens très vide, vacante, flottante, le chat s'étire, le merle chante le jour qui s'éteint, le ciel s'étire,  le jour chante le merle qui s'éteint, je me demande, non, rien


24 sept. 2017

accords mineurs


Dans la voiture, je me suis posée la question de ce temps perdu, pourquoi ai-je fait tous ces kilomètres, pour attendre, en vain, renoncer, attendre encore, ne pas obtenir de réponses à mes questions, ne pas savoir poser les questions nécessaires. des questions, pas de réponses, et le feu dans ma gorge. Le doute brûlant, rien n'avance, pas même la file de voitures devant moi. Un peu sonnée, je me dit que je vais y passer une heure, il y a des travaux, le soleil cogne que les vitres, je pense: à quoi bon. Si je renonçais. A la radio, une chanson entraînante. je regarde dans mon rétroviseur en pensant à la file de voitures qui s'allonge derrière. Dans le cadre allongé, il y a une jolie blonde, et la moitié de son passager qui dansent exactement sur le rythme de la musique qui est dans ma voiture. Pour cette petite danse de joie, ça valait la peine de perdre le temps, de perdre la raison, de ne pas avoir de réponses. Je leur souris et je démarre. 

8 janv. 2017










pour clore la vieille année, nous sommes retournés dans les lieux qui nous habitent - très accompagnés, et pour travailler - c'était bien, presque magique.

Gand
Ypres
Anvers
La Haye
Amsterdam

bien sûr, nous y retournerons, ce n'est pas si loin, et c'est comme s'arrêter quelques jours dans la maison de son enfance - joyeuse l'enfance, légère, courses dans les prés et pomme croquante.

maintenant, je reprends les crayons, les aquarelles, la plume, la colle, les ciseaux, les vieux papiers et hop .
maintenant, j'imagine les mois à venir, et aussi cet instant, oui celui-là , et celui-là, et celui-là, et celui-là, et 

17 févr. 2016

chanter sous la pluie

mi




mise au vert 
mise au point
écoute intensive d'oiseaux sauvages, écoute intensive de fantômes d'oiseaux, écoute intensive de pluie sauvage, écoute intensive d'enfant sauvage, écoute intensive de fantômes de pluie
voilà
c'est bien

(musée zoologique de Liège . Esneux) 

24 déc. 2012

dans la terre


l'aube, nous avons laissé nos pas suivre leur voie, le sombre sous-bois d'abord, la lumière abandonnée sur l'autre versant . au carrefour, les yeux clos, tournons comme des toupies, nos mains font l'arrêt vers le même chemin- éclaircie, Chemin du Pendu . deux étoiles blanches, et deux encore , chevreuils . un mont barbu nous tend ses branches, à grandes enjambées dans les fougères humides, le sommet , la mousse vert pré : matelas de fée . face au ciel gris délavé, calligraphie de branches, la bruine qui rince nos joues . respire . respire . symphonie de sous-bois, les vents tournoient. suivons les sentiers sableux, entre les jets de bouleau , les sentiers aux sangliers, les mares-tabernacles des feuilles du dernier été . une voie royale : chemin de l'Appel , que faire d'autre que le suivre . et le quitter de nouveau . deux étoiles bondissantes, de nouveau, joie . un chemin clair, puis une voûte sombre, le hasard qui n'existe pas nous ramène sur la voie première - bien nommée Chemin des fées . nos voix accompagnent la voix du vent , turbine à sons.

la forêt a la couleur des cheveux de mon enfant