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17 févr. 2017

escargot et tête de veau













deux jours à baguenauder le nez en l'air - ciel bleu - soleil presque printanier - un thé par-ci, une tarte par là - le musée d'histoire naturelle et ses blagues en vitrine - les prémisses du Carnaval à venir - le Bonnenfantenmuseum et ses carambolages art médiéval et contemporain - la peut-être future école d'art de ma gazelle - un art de vivre tranquille - bref, Maastricht . Les Pays-Bas encore une fois . 

c'était bien, tu sais .

aujourd'hui, nous avons préparé le futur petit chantier maison, nous avons taillé les pommiers, j'ai déterré des pieds d'anémones du Japon de son jardin pour le mien, j'ai rêvé quelques dessins, des boîtes aussi, rêvé seulement, nous nous sommes réchauffés au coin de leur feu, il m'a montré ses derniers dessins pour l'exposition à venir (peut-être), ça m'a ému ce trait qui tremble un peu, qui s'affirme de nouveau par endroit, j'ai un peu massé son dos qui est comme rétréci et nous avons regardé les mésanges bleus et le chardonneret et leur ballet continu à sa fenêtre, elle a tenu serré contre elle son vieux chat, à un autre moment les trois filles ont ri aux éclats passionnées par leur partie de jungle speed, elles sont parties faire le tour de la colline avec C. , le jour déclinait, nous sommes rentrés , à deux pour deux jours .

C'est bien, tu sais .

4 févr. 2016

les bleus à l'âme comme des éclats de chocolat


#52photoproject2016

5/ bleu

les bleus du crépuscule ou de l'aube 
ce bleu que nous mangeons à la petite cuillère
bleu épais comme un manteau pour la Sibérie 
et tous les petits bleus sur ma peau et tous les petits bleus sur nos âmes comme des myosotis 

et milles idées, mille rêves, mille projets qui se fracassent sur les replis de mon cerveau comme autant de vagues sauvages et joueuses de l'océan 

27 déc. 2015

l'amour se planque dans les détails
















dans la tempête, la moindre braise est comme un feu de joie. nous empilons le petit bois autour d'un noeud de vent et craquons l'allumette . nous nous serrons très fort autour de la lueur qui parfois vacille . il faudrait sans doute regarder autour l'obscurité, les sombres sous-bois dans les yeux, en fait de monstres des branches bourgeonnantes. nous tentons la danse autour du feu et nous écroulons parfois épuisés pantelants , j'attrape sa main et je ne sais laquelle des deux sauve l'autre, nous n'avions pas vu que nous soufflions sur des braises au fond de l'océan. et nous recommençons encore et encore . c'est la vie nous dit-on, estime-toi heureux nous dit-on, alors que nous rêvons parfois (souvent) de tempêtes majestueuses, de feux de joie avec flammes léchant la cime d'arbres géants, de courses folles dans le vent impétueux.
restent les détails
les fragments de joie comme des braises
j'ai même cuisiné et mangé des capellini avec une sauce des dernières tomates cueillies dans mon jardin tout au nord à la sainte-Barbe - le vent tourne n'importe comment, le feu peut bien brûler au fond de l'océan.


16 nov. 2014

dés équilibre(s)


je suis allée à Berlin et j'ai glissé sur ses peaux . je n'y suis pas entrée, je n'ai pas vraiment trouvé l'entrée, je n'ai pas su soulever la peau, puis la peau, puis la peau, pénétrer la chair . la glissade était douce, agréable, étrange, hallucinée ; sous la surface translucide, j'ai aperçu . mais je n'ai pas su passer dessous. nécessité d'y retourner, seule, longtemps . retour . la douleur aussi . sous la peau, elle  chemine, creuse ; celle-là, je pourrais en tirer le fil. déverrouiller la mâchoire pour dévider la pelote . ah, soldats repos, repos, repos : ainsi je dis aux maxillaires. mais se cramponnent sur leur quant-à-soi. je continue. la route, à côté de mes pompes, inlassablement . je glisse encore sur la surface (ou je flotte), la gravité. ne surtout pas regarder en bas : l'abîme est sans fond, très vide, très plein (noir noir noir). c'est sans fin. parfois je pense à quoi bon. fermer les yeux, repos et poursuivre. je ralentis le rythme, je ne cours plus après le diable, je regarde bien chaque détail, chaque détail de l'horizon . 
retour à la danse . 
ah, c'est bon.
je décide le présent , à fond, très fort, très plein, très maintenant tout de suite et sans délais . déséquilibre divin. je suis le rythme, nous jouons à quatre, joie.
retour aux mains .
maints instants au présent à construire une petite forêt . le tissu. le drap ancien, l'étoffe, le poids.
ah, c'est bon. 
retourner la peau : à l'envers, ce sera un feu d'artifice (et fermer les yeux sur l'abîme)

10 févr. 2014

roux


rencontre au sommet, deux flammes rousses dans le paturâge ras de l'hiver, les yeux dans les yeux bouche bée.
ma jolie.
quelle aventure.

30 mai 2013

mécanique appliquée

j'ai quitté mon coin de campagne - mon, tu sens, tout de suite, ce besoin vindicatif de propriété ?- reprends. j'ai quitté ce coin de campagne - enfin, ce coin, parce que la campagne a des coins - reprends. j'ai quitté cet espace-là  - là, plus ici- ; cet espace, où chaque instant était une vacance - de moi, des autres, de la vitesse, du bruit, du vide . j'ai posé mes cartons, les cartons, les valises, les falbalas, les tintouins, le toutim sur un coin de ville - l'espace plein de moi, des autres, de la vitesse, du bruit, du vide . novembre qui n'en finit pas de s'étirer - sept mois de novembre,  une prouesse pour un mélancolique -  a ouvert une brèche dans les pleins : refuge . un coin, ce coin où la pluie joue des congas sur le toit fin et je suis dans la caravane, celle de l'enfance, aux coussins fleuris d'orange et d'ocre, les étés plus longs que les restes d'an, à courir dans la lande au soleil dans la bruine sous la pluie rincée avec le vent et la pluie la pluie qui polyphone sur le toit fin de la caravane . vacances - de moi, des autres, de la vitesse, du bruit, du vide.
il a quitté son coin de montagne, ce coin de montagne, cet espace-là ; espace non vacant, temps sans vacance ; un baiser sans doute à elle, et elle juste née, à eux bien petits. traverser l'espace immense et vide et plein d'ici à là , de A à B, en ligne droite -ou non- trajectoire rectilignement  loooooongue du paquebot , classe D, F, K sans doute , et pas d'iceberg . il a posé son carton ou sa valise pas de falbalas, ni de tintouins, encore moins de toutim sur la virgule de la ville, d'abord, un peu plus tard sur un autre coin de montagne , sous un coin de montagne . creuser, creuser, creuser, creuser, creuser . huit ans c'est long et rectiligne et très plein et la pluie peut-être et le vent aussi mais courir dans la lande j'en doute mais creuser ça oui creuser dans le noir le noir . quitter cet espace-là, troué, le temps passé, les pleins, les vides dans la valise ou le carton , de B à A . un baiser sans doute à elle, et elle et eux bien grands .




14 avr. 2013

bâtisseuses









on dirait qu'avec des lettres je construirais du vent, on dirait avec mes os je bâtirais des cimes enneigés, on dirait qu'avec ta peau je tendrais des arcs dont les flèches fendraient la terre noire et profonde, on dirait qu'avec l'écorce de chaque arbre de chaque forêt je tricoterais une cuirasse de sel et de pluie, on dirait que dans le ciel je taillerais un manteau épais chaud et léger tout brodé d'herbe fraîche, de perles d'aurore, on dirait que là je serais invincible.

1 avr. 2013

poisson arboricole


écho, ecco, ecco ,
Mère Castor,
une ébauche de Méduse d'arbre,
Belle de printemps, nid, oeuf, la sève monte .
ici, c'est comme ça , Méduse est une bonne femme pleine de promesses,
bien entourée, orvet, vipère, couleuvre, les amies du jardin ,
jardin-fée.

13 mars 2013

cavalcade




comme une folie furieuse sous le globe ah ah ah ah les paupières lourdes du plomb contradiction épuisante. des hauts des bas. je monte l'échelle je redescends l'échelle je monte l'échelle je redescends l'échelle je monte l'échelle je redescends l'échelle - et en plus le vertige . l'extérieur me copie conforme . le dehors comme mon dedans . des hauts des bas . humain humain hume main . à force de regarder je tombe dedans narcisse . heureusement, la neige . tout recouvrir, tout cacher, tout oublier et recommencer , emprunter l' échelle de nouveau , empreinter. eh regarde je suis là , ici, là , nulle part , autour , de dans , de hors . je dehors comme ton dedans. la nuit  macule le blanc bleu de chine, bleu de chauffe , Josette et Henriette s'emmêlent les plumes - l'arbre aux moineaux tombe les plumes . sur la tête de mémé le printemps refleurit de nouveau , recommence, recommence, recommence , avance . ou allongée sur la pierre, chauffe Marcel.

28 févr. 2013

l'équateur



nous avons joué à l'été et mangé une salade de riz . la peau de la maison mue - ça ne sert pas à grand chose tu sais mais c'est comme exister, un pieu mensonge . les chataîgnes ramassées un jour roux de novembre au bord du Léguer. les chataîgnes que nous n'avons pas mangées . les chataîgnes que nous avons oubliées - comme chaque fois me diras-tu- dans leur sac en plastique bien en évidence dans la cuisine pour ne pas les oublier et penser à les faire griller dans la poêle à marrons que nous avons égarée il y a longtemps - ceci explique cela, si vraiment il faut une raison - les chataîgnes ont germé ça sentait l'humus le sous-bois quand j'ai enfin ouvert le sac de plastique bien en évidence dans la cuisine, un jour de décembre . la promesse d'une forêt - oui, tout de suite, surdimension, forêt, même équatoriale peut-être, équateur du nord . je les ai plantées. à la veille de mars, la forêt pousse toujours une forêt de 13 troncs de 10 à 20 cm d'altitude autant d'envergure, énorme, bien feuillue vert chlorophylle - totalement hors temps hors normes si je le mets dehors maintenant, mon taillis crève . les saints de glace en boîte, tu vois, c'est prévu - il ne faut rien prévoir, vivre au présent , mais le jardinier lui il projette sinon ça crève - nous planterons la forêt équatoriale et , nous leur avons expliqué - tu ne parles jamais aux plantes toi - en trognes nous vous ferons grandir . arbre-têtard, arbre-trogne, au fond du jardin de ville ou dans le verger des champs ce n'est pas encore décidé, arbre à hauteur d'homme taillé sans douceur mais promesse de vie - dans cinquante ans, quand ils seront morts, quand nous serons morts, ils seront debout avec leurs bosses, leurs caries, leurs corps sensuels vivants de mille minuscules vies des insectes qui n'habitent que les trognes l'humus à tous les étages . ça sera ma trace . tout ça dans un arbrisseau de 20 cm vert luisant à la veille de mars - promesse de vie quand une autre s'est éteinte . ça ne console de rien . ça avance, juste . je suis un jardinier ici et maintenant et rien ne crève pour rien . la peau de la maison mue . c'est très joyeux . en fait .


Alfred on the Moon a pendu de nouveaux mobiles à son plafond (à côté de son araignée) - c'est LA.

21 févr. 2013

vent d'est, ciel bleu

ce matin il y a un étourneau dans la pelouse - RIP - c'est le 2e en 2 jours ; donc un psychopathe traîne dans les fourrées . vent glacial, je me contente de l'observer du dedans parce que j'ai le nez qui coule. j'ai posé sur la nappe à fleurs bleu pétrole bleu gris bleu azur des assiettes de semoule à la tomate, orange , contraste facile et parfait . je traîne mon ombre à l'étage pour peindre les portes en perce-neige, genre contraste facile et parfait sur les murs acapulco . vent glacial . l'étourneau n'a pas bougé - évidemment . les chats, l'orange, le rose -oui,  rose- tournent autour juste , et repartent faire des bonds de chèvre sauvage dans le vent glacial . donc ce n'est peut-être pas un psychopathe à poils - j'imagine un vilain qui empoisonne les étourneaux , ça piaille trop fort ces bestiaux, c'est ce qu'il pense , et qu'il y en a trop sur son râteau de télévision qui ne sert plus à rien parce qu'il a une parabole mais ça fait joli, genre arbre, bon sans feuilles, mais alors . je dessine le circuit de l'eau, de la mer au nuage à la pluie au nuage à la neige au glacier aux ruisseaux aux rivières à la mer en boucle, dans un corps d'humain asexué, au fond il y a un arbre sans feuilles -genre râteau de télévision d'avant . on pose nos carcasses dans le canapé, tu vois j'ai mal là, et moi, c'est là, merde, on vieillit tu crois et on boit un thé rouge-vert qui s'appelle scarabée d'or, nous sommes des princesses égyptiennes, ça doit être ça . dehors les loupiaux. ça piaille trop - pire que des étourneaux , elle et il tapent dans un ballon dégonflé, les gilets ouverts dans le vent glacial . ils frôlent l'étourneau imperturbable sans le voir . une fois . deux fois . repéré . on leur dit de fermer leurs gilets par la porte entre-baillée, j'ai toujours le nez qui goutte, mais on les regarde tripoter le corps mou avec des branchettes - c'est nous les psychopathes ? - finalement, elle et il l'enterrent au pied du bouleau, c'est plus intéressant que de taper dans un ballon dégonflé . si demain il y a un étourneau dans la pelouse - RIP - je l'empaille ou je cherche l'antenne sans feuille .

18 févr. 2013

peinture


je n'ai pas remis les mains dans le cambouis
ça me fait un trou dans la poitrine, le manque
à la place , j'ai peint des murs, ça a rempli des vides
c'est doux maintenant dans son nid , mon pinson,
mon moineau délaisse du coup la stratosphère sous le toit
j'ai acheté un pot d'Acapulco , après tous ces tons neutres et doux ,
le coup de fouet, clac , ou l'espoir d'emprisonner ce ciel d'été au coeur de la maison
est-ce que ça comblera le trou dans ma poitrine
les moineaux ont repris leur place de guetteurs :
l'arbre à moineaux moineaute
la mésange bleue rend chèvre le chat orange
j'ai vu aussi un pic épeiche (un jour),
même un troglodyte mignon - mais peut-être pas
j'espère des sitelles
je mettrais des orties en pot pour une haie folle

14 févr. 2013

ici



Sur l'arbre à moineaux, pas de moineaux aujourd'hui,
des perles de pluie, je suis riche
je règle mon oeil sur gros plan
mon petit jardin devient grand comme avant
je suis Don Quichotte, parfois,
ou je manque d'humilité