J'ai observé où le gros chat orange jouait les odalisques, sur l'herbe rase en plein milieu du soleil. J'y ai posé la chaise longue à rayures. Le vent dans les cheveux, qui fait frissonner la peau, alors une couverture. Le gros chat orange ne s'y est pas trompé, il a poussé son corps élastique jusqu'au mien, au point A sa tête posée sur mon sein, au point B, dans la diagonale exacte de mon torse, son arrière -train lourd et sa queue qui l'enroule sagement. Il ronronne. Je ronronne. Nous nous chauffons la peau et le poil de concert dans le soleil de septembre, le vent frais qui glisse sur la peau de mon cou. Nous ne faisons rien. Sous mes paupières, tout est orangé. Plus tard, tout est gris et vert. Je reprends un pinceau, un godet d'eau, et j'aligne des bleus. Je suis dans la couleur et ailleurs, je pense à cette histoire de fil, de mémoire, d'instants collectionnés, une petite voix me susurre - à quoi bon - je lui réponds - pour le vent.
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10 sept. 2017
29 mai 2016
calcaire
j'ai dû m'assoupir, baisser la garde . à mon réveil, c'était déjà le mois d'après . les heures ont larguées les amarres sans rien me dire, elles ont glissé en silence bien aplaties contre les murs, personne n'a rien vu, surtout pas moi avec ma carcasse vide comme un fantôme.
hier les arbres au fond du pare-brise avaient exactement la même forme que les nuages, l'un l'autre fouettaient le ciel, épousailles.
aujourd'hui le ciel est immobile absolument comme le temps, calcification interne, on se regarde en chien de faïence. bizarre .
A Saint-Léger, belle abbaye de Soissons, j'ai accroché quelques derniers-nés, nés dans des hoquets, entre deux vides intersidéraux .
C'est ouvert jusqu'au 12 juin, l'après-midi, mais pas le lundi, et même en soirée le jeudi, le vendredi. On y entre librement, pas de risques. Tu peux venir si tu veux.
L'ardeur (broderies, cheveux sur taie ancienne teinte)
Bois de trousseau (sculpture textile de dessous féminins et draps anciens)
Aménophile 1 et 2, Fantômes, Les Murmures , entre des restes de pierres tombales
c'est toujours une histoire de temps .
1 avr. 2016
10 janv. 2016
de l'autre côté
j'ai commencé et poursuivi une série de série
la série des boîtes à rêver
la série des coupes d'arbres
la série des filles qui rêvent
la série des Alice
je mets en boîte des petits mondes, je me fais des films, je monte des spectacles, j'assemble, je tresse, je tricote des bouts de montres avec des bouts de plumes
des mondes de quinze sur quinze centimètres, des spectacles sur des plateaux de trois centimètres sur dix-huit, des films en cinémascope et technicolor grand comme ma main
ces moments-là me sont précieux, alors je suis pleine et entière, alors je respire
je les mange
je les bois
je les ranime
je les vole au quotidien
je les vole
Alice : 'A l'oeil' et ' Coup de temps'
Les filles qui rêvent : 'tempête'
Boîtes à rêver : 'Clair de Terre'
4 janv. 2016
rose thé
une aube rose-orangé
le papier peint de mon enfance au détour des jeux d'ombres d'un nouvel abat-jour
un jour sans abattement
la ligne fine d'un trait à l'aquarelle bleue, le pinceau qui caresse un papier velouté
verre bombé 'du miel pour les braves' (décembre 2015)
10 oct. 2015
velvet eye
je repasse la même chemise, les vieux plis reviennent, rien à faire sinon s'entêter : je repasse la même chemise, je repasse le même vieux jour d'un bras à l'autre, je l'étire et il ne se déchire jamais. les mêmes vieux plis reviennent toujours. je pourrais le rouler en boule et le balancer au fond du panier à linge sale avec la chemise - une chemise de soie très douce aux vieux plis acérés qui déchirent la peau . mais non, je m'entête, je le repasse à l'endroit, à l'envers, j'écrase ses plis avec délectation et je les regarde renaître et boursoufler le jour. d'abord c'est fin, presque invisible, et délicat. et puis ça gonfle, ça ridule, le vieux jour qui tourne en rond ressemble à une pomme qui a perdu son eau. il ressemble aussi à la peau douce de la Nona, et presque j'aime ses rides profondes à ce vieux jour qui n'en finit pas de revenir. Si je me concentre, c'est un paysage, mille vallées profondes qui ne voient jamais la lumière du soleil sauf au solstice d'été.
Je balance le fer brûlant par la fenêtre, dans le brouillard d'octobre. la chemise est de la brume, le jour aussi, il n'y a plus de contours, pas de frontières, un mouvement diffus et permanent, un peu léger mais inéluctable.
sinon, j'ai une valise à faire
des bottes de caoutchouc à emporter
de quoi patauger sur les piccole piazze
j'emporte aussi des appareils photos
j'emporte aussi un carnet, des aquarelles
j'emporte sans doute des nuits sans sommeil
et encore 53 âmes
et encore de la brume sur la lagune
work in progress : grand verre bombé encore sans titre - la chemise de soi (sans e)
21 juil. 2015
robinson c.
Un soir, nous avons posé les matelas sur la terrasse de bois, puis empilé des draps anciens, lourds et blancs, des couettes légères serties de lin lichen, des oreillers fermes . Nous nous sommes nichées là, face au ciel . sa petite main à elle dans la mienne, sa peau à lui contre la mienne . Au-dessus, les martinets et leur tango endiablé, leurs conversations mondaines, leurs courses folles. Au-dessus le ciel bleu cobalt du crépuscule et les nuages encore enflammés de soleil . Ils voguaient lentement, je les ai suivis du doigt un moment . Nous avons lu un peu dans les restes de jour. Les chauves-souris ont remplacé les martinets, silencieuses, le vol ample et gracieux, elles nous frôlaient d'un courant d'air léger comme un baiser. Nous avons lâché prise, la petite m'a dit dans un souffle qu'elle avait un peu peur quand même, j'ai embrassé sa joue de pêche et nous nous sommes endormies les doigts emmêlés, sur notre île de bois au milieu de la ville. La pluie nous a joué un tour, à coup de grosses et lentes gouttes, fraîches, des éclats de rire dans la nuit bleu indigo. Vite, vite, nous avons levé le camp, mis à l'abri matelas, draps, plumes, lin, livres et regagné nos chambrées. Je ne me suis pas rendormie sous le plafond de ma chambre, j'étouffais. J'ai lu longtemps dans le salon et quand les premiers oiseaux ont entamé le chant victorieux de l'aube, j'ai fait de la confiture rouge sombre. cassis. groseilles. fraises . framboises. Robinsonnade tout confort.
Cette nuit-là, il m'a semblé que ma vie avait un sens. Le reste du temps, non.
Je voudrais en parler, mais je n'ose (in Les Bibliothèques de Nuit) . technique mixte . 2015
Et maintenant, je pars en vacances, écouter les grillons et compter les étoiles.
29 mars 2015
A table
Passe-moi un feutre vert, un crayon jaune, moi aussi je vais colorier de la joie, tchac, tchac .
Carne, chérie fait son entrée dans les Bibliothèques de Nuit . technique mixte (45x60 cm et des poussières)
19 févr. 2015
13 févr. 2015
les berniques
les voyages sur la Lune sont plein d'entrain, ils ne servent à rien, et c'est ça qui est bien.
tu montes là-haut en soupirant, ahanant .
quand tu y es, tu fais des noeuds avec tes doigts de pieds et tu tricotes un petit manteau d'astrakan pour ton si petit coeur d'artifroid.
ensuite, il te faut rouler tes pantalons jusqu'aux rotules et tenter l'incursion dans la mer de la tranquillité.
parfois la pêche est bonne, parfois non.
ces quelques jours, qui là-haut se rassemblent en trois minutes et seize secondes, tu as mis dans ton seau à rayures turquoise et rose thé une famille de berniques .
la bernique de Lune est versatile, très Raoul, ne sert à rien mais peut être jolie sur un petit manteau d'astrakan , ou même sur un blouson étriqué.
la bernique de Lune a un squelette mou et tendre, une peau de petits riens et une carapace blanchie par le sel des mers mortes.
la bernique de Lune raconte même des histoires en deux parties qui n'en font qu'une.
la bernique de Lune, tu te l'accroches au col et tu lui sert de rocher vagabond, ou tu la laisse dans son habitat-coquille posé sur un très précieux secrétaire en bois d'ortie ou suspendu à un petit clou d'or sur un mur-nappe blanc de seiche.
mer de la tranquillité, donc, en trois minutes seize secondes, ou des jours et des poussières -selon que tu comptes en en-haut ou en-bas-, bonne pioche, bonne pêche.
tu redescends, content, en sifflotant, en chantonnant, des berniques de Lune plein tes poches.
et dans l'élan, tu les envoies près du pont d'Avignon.
penser à programmer des voyages sur la Lune plus souvent , ça ne sert à rien et c'est bien.
berniques de Lune ou Porthâtifs / des broches à porter ou à poser avec ou sans leur boîte à histoire / cf le site-rhizome
8 févr. 2015
cent ans et des poussières
j'aimerais que mes jours durent cent ans - évidemment, si la sorcière du coin m'octroie ce souhait, je le regretterai amèrement . la sorcière, c'est moi, mais en matière de pouvoir sur le temps, je ne vaux pas tripette . il me faudrait bien neuf vies . une pour apprendre le nom de toutes les étoiles, de toutes les constellations . une pour connaître le nom de toutes les herbes qu'on dit mauvaises et de tous les insectes . une pour faire le tour du monde à pieds . une pour mettre un pied sur la lune . une pour voir le soleil se lever . une pour croire en l'Homme . une pour croire en moi . une pour danser sans s'arrêter . une pour habiter la nuit . il en faudrait une dixième pour apprendre à vieillir et à mourir . On peut toujours rêver.
si j'avance à très petits pas, alors ça ralentit, peut-être. j'essaie. si je regarde autour, et loin, alors ça ralentit, aussi. si j'abandonne le je, ça ralentit, j'essaie.
quelqu'un a sonné, quelqu'un est entré, quelqu'un a dit "tiens. mais attends que je sois partie pour ouvrir" . quelqu'un a laissé une boîte . quelqu'un a rempli la boîte d'un inventaire avec queue et tête, car ce quelqu'un a choisi ce qu'il a mis dans la boîte. quelqu'un a écrit " vas-y. crée . avec . et j'accroche ". quelqu'un a laissé un défi dans une boîte . quelqu'un a entendu qu'ici, on aurait envie de jour qui dure cent ans . regarde autour, loin, et à petits pas, allons-y.
23 janv. 2015
danse dense
si tu fais ce geste sans y penser, que dessine-t-il - le voilà comme vide, sa coque sonne creux. maintenant, si tu fais ce geste comme si ton bras traversait une matière dense , regarde, regarde le temps qu'il lui faut pour cheminer, regarde sa texture , l'intensité, la présence, l'existence, il est. si ce geste, c'est ta vie : allonge le temps, étire le temps , densifie l'air autour, la matière, l'intensité. elle est intense.
3 nov. 2014
coup de foudre
il y a des jours je n'y peux rien c'est plus fort que mon cerveau je te hais je te hais je te hais sans raison comme ça pour remplir pour dire pour exister je te hais je te hais je te hais je te regarde et ça déborde de mes yeux tu ne vois rien tout ce fiel qui déborde amer amer il court vers ta peau il t'encercle il t'arrache les paupières . mais tu ne vois rien. ces jours-là je suis furie et rage épouvantail et épouvantable je me hais je me hais je me hais . il y a des jour où je t'aime je t'aime je t'aime .
série 'Les mécaniques du coeur' . Foudroyer . 30.10.14
29 sept. 2014
Histoire comme ça
Le démarrage, c'est presque l'enfer. Un drame derrière la porte. Mais c'est réversible. Il me suffit de remonter le temps, et c'est ce que je fais. Je remonte le temps , donc je remonte l'escalier, avec un peu d'avance cette fois. J'ai prévu des ciseaux. Ils brillent dans ma main droite. Je pourrais me défendre. La nuit, des baies sombres, et je croise le jeune homme. Il descend, les cheveux en bataille, la barbe emmêlée, le regard fou, un jeune chiot, il sourit à pleines dents, il a aussi des ciseaux à la main. Il rit en me voyant, il n'a pas peur, moi non plus. Je lui dis : donne-moi tes ciseaux et remontons. Nous nous enfermons, nous laissons passer le temps et personne ne se doutera de rien, personne n'en saura rien, ce sera comme si de rien n'était, comme si rien n'était arrivé.
Et ça marche.
Il me tend son arme et me dit : je m'appelle Bee. J'aime le son que ça chante dans mon oreille. Nous montons à travers la brume. Il disparait. Et je croise maintenant l'Algérienne. On l'appelle comme ça. L'Algérienne. Peut-être qu'elle n'est pas du tout d'Algérie. Elle est belle, et sauvage et ses vêtements sont des haillons somptueux. Elle est très vieille et connaît comment le monde tourne, mieux que personne. Elle descend, elle, résolue. Rien ne peut l'arrêter. Elle avance dans un halo orange. Je ne sais pas si c'est le soleil qui se couche et qui enflamme la cage d'escalier ou si c'est de nouveau la nuit et l'orange du tungstène qui auréole l'Algérienne. Elle descend majestueuse et elle va leur faire comprendre aux merdeux du rez-de-chaussée. Elle va subjuguer la racaille d'en bas et calmer le jeu . Plus de drame. Bee a un nom et l'Algérienne gouverne de main de maître les bas-fonds, les hauts-fonds. Je peux dormir.
Les Grands Bois . septembre 2014
24 sept. 2014
grimper sur la table pour regarder autrement
quand même, j'ai épanché ma soif. entrer au dedans et fouiller sous les tentures, les soieries défraîchies, les lambeaux de peaux. déposer la mue encore une fois à côté. tourner en rond dans la cage dix fois dans un sens, dix fois dans l'autre. c'est une question d'habitude. je pense : "j'en ai pour un quart d'heure", j'y passe deux heures , dans le silence de la maison . pousser, déplacer, porter, soulever, arracher, aspirer, jeter, jeter, jeter, mettre ici, essayer là, prendre du recul, recommencer , tactique minutieuse . enfin l'espace joue le neuf, l'air frais, le renouveau. la récompense: se jeter de nouveau dans l'eau cristalline de mon ermitage, retrouver la souplesse du papier blanc, l'onctuosité des couleurs, la répétition perpétuelle du même minuscule coup de crayon, les cartes déchirées, les promesses d'histoires sans importance et formidables.
Reprise des hostilités, donc. ou reprise de la patience. de nouveau en amour avec ma table de travail, mes outils. j'expurge tout ce qu'il y a là-dedans, dans la caboche. le temps qu'il faudra, le temps qu'il faudrait.
Et puis je cours.
13 juil. 2014
caresser
ça ressemble au calme plat - encéphalogramme plat - plat - plat -plat . Faux-semblant . Sous les couches grises, et sèches, ça s'agite, en vrai . J'attends le moment parfait, celui sur lequel je pourrais grimper pour voir plus loin , ou au moins voir juste devant, voir clair. Je fais, pourtant . Je construis, j'élabore, je coupe, j'assemble, je défais, je recommence, je patience extraordinairement . Mais je voudrais davantage. La faute à l'été qui joue son novembre sans doute . Mauvaise excuse, il faudrait secouer tout ça, faire tomber ces murs que j'érige moi-même, ces poids que j'amoncelle toute seule .Et alors, je reprendrais mes pinceaux mes ciseaux mes crayons mes couleurs mes papiers mes toiles mes matières mes petits bouts de ceci mes petits bouts de cela tout mon attirail pour donner naissance aux petites images minuscules qui me trottent dans le crâne . sans me poser de questions .
Mais pour l'instant, je repose, je lis , j'erre sur la toile, je procrastine, je regarde des films, j'entasse de vieilles assiettes, de vieux verres, de vieilles fourchettes, je ramasse des plumes, je ramasse des oeufs, je fais des salades oranges et jaunes, je caresse mes chats, je caresse mes enfants, je caresse mon amant, je caresse le temps qui passe, et mes petites rides au coin des yeux.
14 mars 2014
tourner en rond autour de son nombril
comme c'est pesant, parfois. sur le bois de la terrasse, la lumière devance l'été, l'ombre du fauteuil vert printemps dessine un soleil sur le bois de la terrasse. comme c'est irrespirable, parfois . sur le bois de la terrasse, la chaleur prend de vitesse la fin d'hiver, la fourrure des chats dessine des flaques soyeuses sur le bois de la terrasse . comme c'est révoltant, parfois.
hier matin, comme en apesanteur, dans deux salles en même temps, je cultive mon don d'ubiquité.
hier après-midi, comme en rage, je découperais bien le monde menu menu, j'éventrerai bien tel ou tel telle ou telle, je déchiquèterai bien à grands coups de dents la chair de celui-ci, la chair de celle-là , j'enverrai bien tout valser, tiens, tiens et tiens.
hier soir, comme en joie, nous trinquons à l'amour, au théâtre, à la chaleur humaine, nous partageons du rire, des tartines, une soupe orange, des fruits de soleil, nous laissons s'évaporer la colère, et un peu ivres, des histoires, des histoires, et un peu ivre, je m'endors.
Verre bombée (Les Mécaniques du Coeur) . 'L'amoureux odorant'
26 janv. 2014
28 déc. 2013
l'échelle
comme ça, parfois, il m'apparaît que la vie que j'habite pue des pieds . ingrate. et pourtant . comment se relever quand je ne sais pas tomber . et pourtant . sous mon manteau de méduse, les ailes d'or prêtes , froissée. sous ma bedaine de vide, la joie pleine, froissée . la vie où je dors pue des pieds ; ce n'est pas si désagréable , comme un petit vent qui pousse le radeau un peu plus loin, quand même, au crépuscule, parfois à l'aube quand je saisis que l'aube existe encore , que l'obscurité ne tombe pas seulement , mais se relève. L'incongru qui surgit quand je ne l'attends pas, impromptu, ébouriffant . L'incongru est noir diamant , profond, saisissant , même pas effrayant . L'incongru ne pue pas des pieds, il sent la forêt après la pluie, les chanterelles dans la mousse verte. je l'accroche dans ma collection de faveurs , je l'emporte dans ma tombe, un jour, je l'emporte dans le gilet de soie de ma vie qui pue des pieds, et je le chéris en secret . L'incongru me tire le rire du nez et je réécris ma lettre d'ici et maintenant . je tangue , valse des bras de ma prison aux bras de mes élans, je ne reconnais pas le chemin, mais l'odeur si , celle-là , celle de la vie ,comme ça.
petit verre bombé - Les mécaniques du coeur 'horlogerie fine'- en cours
petit verre bombé - Les mécaniques du coeur 'horlogerie fine'- en cours
18 août 2013
sur le bout de la langue
les jours coulent, les nuits pareillement, tranquillement, un peu la paresse, la mélancolie. la désespérance à portée de main- rien à faire, si bien ancrée dans la peau. j'ai marché sous le soleil de plomb, j'ai pleuré face à la simplicité généreuse, j'ai voyagé loin enfermée dans une carrière à ciel ouvert, j'ai écouté la pluie sous une toile tendue, j'ai compté des grains de sables, j'ai habité chacun de mes muscles, j'ai habité sous le ciel nu entre deux pommiers très vieux, j'ai compté les étoiles qui filent allongée dans le blé coupé, j'ai écouté la voix chaude construire un monde enthousiaste, j'ai posé au fond de l'eau un nénuphar, j'ai tourné la cuillère en bois dans les prunes dorées, j'ai marché dans la fraîcheur du petit matin, je continue.
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