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2 déc. 2018

miettes



14. je ne comprends pas où
15. déjà presque 9 heures, et
10. la haine la haine  la laine
11. ce matin, quand elle a ouvert
4. je reprends
13. tôt, tôt, tôt. hop là. l'eau
14. les cahiers, ça va, ça vient.
17. ciel grisâtre.
18. brume. givre et gel.
10. aujourd'hui, je dois vraiment
18. "quand nous obéissons à une personne en raison de
10. dernier jour de
19. tôt le matin
10. vais-je arriver à
11. samedi matin. le rayon
13. rien écrit hier. j'ai lu
18. ah ! mais ?!
8. ce n'est pas tôt le matin mais c'est encore le matin
10.       19h ? je
18. à la maison
23. il est gris et venteux
30. j'ai horriblement mal aux yeux et autour (...) ces sensations

30 mars 2018

les allers retours





des lambeaux de moi se décollent, c'est un peu douloureux, tout-à-fait fascinant, je me prends un peu les pieds dedans, je ne me reconnais plus vraiment, je ne sais plus trop où je suis . j'ai raté un train, oublié une identité, fait deux allers-retours coup sur coup pour paris, un aller-retour d'ici à charleroi, le soleil couchant sur la sambre a comme mangé les gens sur le quai, un aller-retour de l'atelier à la galerie, le train pour paris, je me suis perdue dans la foule, j'ai retrouvé mon souffle un instant entre deux mailles (l'idée de voler un ou deux Minimes de S.Hicks m'a effleurée), j'ai marché, j'ai marché, je me suis endormie bien trop tard, la pluie sur les toits gris, j'ai emprunté un parapluie, j'ai marché, j'ai marché, je me suis perdue, encore, encore, et encore, j'ai raté deux rendez-vous, mais ramassé deux caisses à vins vides parfaites, j'ai marché, j'ai marché à côté de moi, j'ai perdu mon ombre, et les mots, j'ai pris le train, j'ai dormi, pas dormi, les yeux ouverts dans le noir, j'ai attendu que le merle chante pour penser que le jour était de nouveau là, j'ai écrit, j'ai écrit, j'ai écrit, je me suis regardée écrire, je me suis demandée qui j'étais, j'ai pensé que j'étais un mensonge, j'ai flotté, j'ai fait un aller-retour d'ici à amiens, la porte était close, j'ai pensé trop tard plus tard qu'ils ne devaient pas être si loin, j'ai raté un rendez-vous, je marche, je marche, les lambeaux se détachent, je ne ressemble plus à rien, ni à mon père, ni à ma mère, ni à moi enfant, ni à moi vieille, ni à un oiseau, ni à un brin d'herbe,  je me sens très vide, vacante, flottante, le chat s'étire, le merle chante le jour qui s'éteint, le ciel s'étire,  le jour chante le merle qui s'éteint, je me demande, non, rien


21 déc. 2017

toile








nouer et divaguer et errer des mots sur la peau, les mots sous la peau, même la brume . je m'assois sur la couverture bleu. je regarde la racine nouée,  voilà un crapaucorne. je glisse sur le miroir, derrière les chemins divaguent. hétérotopie. sur les valises, nous accumulons les chaussettes épaisses, les pulls de laine, les promesses de blanc. je goûte le solstice comme un glaçon enrobé de pâte d'amande. la jolie me dit : attends, je te montre par la fenêtre. elle m'emmène par la petite lucarne qui nous relie d'un bout à l'autre du monde : c'est blanc et si épais. la neige chez elle la pluie ici. le crapaucorne me fixe de son oeil torve. je noue des fils. je divague entre les mots et dans la brume de la route. je noue les petites tempêtes. je tiens fermement le fil, pourtant je divague, je flotte dans la marge. J'ai parfois le sentiment d'être en apesanteur dans un autre espace-temps, parfois le fil me retient, me ramène, un regard m'ancre de nouveau au sol. je laisse du lest en arrière, je marche dans les mots, je marche sur les mains dans la matière, je tire mon oreille, même mes cheveux. j'apprends des mots, je les tends sur ma peau, je caresse des territoires familiers que je ne connais pas.

2 nov. 2017

cartes postales










entre les gris et les ocres, nous avons marché. Sur un quai, un campo, un pont, des rencontres. Un verre de rouge ici, un de prosecco là. Dans des palais, des cloîtres, des bâtiments de briques, des rencontres pour l'âme, la main et le coeur. 

4 oct. 2017

vague


je compte les jours, avec la vague impression de flotter entre deux eaux - alors quoi, un espace vide (le vide, j'en connais un rayon, je le pratique, je le reconnais aussi chez les autres, dans les mots, dans les yeux, dans les corps, et je le crains, combien de fois je me suis retrouvée coincée en haut d'un escalier parce que le vide m'avait sauté à la gorge, planté ses crocs dans ma chair, secoué mon coeur dans tous les sens). je suis rentrée hier, je ne flottais pas, j'avais du plomb dans les poches et dans le crâne. je ne supporte plus le bruit ininterrompu et ils étaient particulièrement bruyants, sourds à mes exigences de moins de décibels (s'il.vous.plaît), faut-il que je sois impolie pour qu'ils chuchotent. P et L étaient ailleurs, un spectacle en préparation, l'ouverture du festival, ce sera joyeux. j'ai erré sur la toile, en sachant que ce n'est vraiment, vraiment pas la solution, mais là, comme décérébrée, comme un poisson mort . c'est faux, en fait, avant, j'ai terminé la rédaction du projet, j'ai écrit à S. avec ce qui m'obsède et ce qui me fait tenir pour ces derniers jours à venir. je ne sais pas vraiment où je vais. non, c'est faux, aussi. L et P sont rentrés tard. L fatiguée, n'a rien mangé. j'ai lu, un livre qu'il me semble avoir déjà lu, et pourtant plus j'avance plus le souvenir que j'en ai disparaît. je regarde le jardin, chaque jour une nouvelle tache d'or d'orangé de rouge , et de temps en temps une feuille qui tombe lentement. 

24 févr. 2017

n'importe quoi avec n'importe quoi



1.  nique ta mère supérieure
4.  jours Venise
5. je reprends
7. petit théâtre baroque
8. il est bientôt
9. des rêves encore dingues
12. je veux dormir encore
15. il pleut des cordes
18. ce matin, réveil normal
22. j'ai dormi tard
26. ce matin, sucre glace
29. je n'ai pas réussi
31. je reprends mais sans être sûre
34. que raconter
36. bon ce n'est vraiment pas si évident
38. une éternité que je n'ai pas
39. je n'ai pas écrit tout de suite
44.  encore un moment
47. moins de
50. trop tard
51. ça fait des lustres
54. est-ce que je suis capable
57. as-tu avancé ? non
59. une éternité que je ne suis pas
61. voilà voilà voilà on peut pas
62. exercice de triche
64. matin à F.
67. hier, je me suis interrompue
70. petit matin. pourquoi petit ?
72. premier jour de novembre
75. allez, la quiétude du petit matin
79. c'est toujours dur, en fait
82. OK. j'ai envie de péter la gueule à quelqu'un
85. voilà, voilà
86. il faudrait que ça se passe dans une conserverie
88. si longtemps
89. je reprends, je suis dans
91. bon, ça suffit là quand même


des débuts de 
ou faire un bouquet de n'importe quoi avec n'importe quoi (Mère Castor)


8 sept. 2016

ancre




un matin
aube
sol de bois moucheté de lucioles solaires
air saturé des voix de mille moineaux
ça pépie fort
suspension
je suis dans La Jetée , dix-huitième minute, j'ouvre les yeux, cinq secondes de mouvement entre deux images fixes

un autre matin
soleil d'aube à travers d'autres persiennes
pluie d'or sur un autre sol de bois
espace saturé de silence
prairies sèches, pierres sèches, arbres tordus, pas un oiseau
j'ouvre les yeux, je suis une image fixe dans un temps suspendu

un autre jour
crépuscule
ors
et l'enfant

16 août 2016

lotus solus


Toi tu pars au Japon et moi je ne sais pas
je reste là
je m'évapore
qu'allons-nous faire.
Toi tu passes dans le couloir la nuque courbée
ton corps effacé dans ta robe sac
ton corps en majesté dans ton havre-sac vert piquant
montrer révéler et cacher dans le même espace
et cet air de chien battu qui me donne envie de te
gifler
griffer.
Tu m'horripiles.
Bon.
Que faire.

Téléphoner à Jack le Haricot et lui dire que j'accepte la mission.
OK Jack.
J'y vais je vais arracher la peau de cet enfoiré, la tanner et t'en faire des chaussures
des chaussures à talon et à bout carré
T'auras la classe Jack et moi le sang sur les mains.
Je vais faire ça bien Jack.

Ou alors
vider la vieille valise en carton et cuire debout le bordel que j'ai mis dedans,
y mettre mes clics et mes clacs et me faire la malle. Je vais partir.
Je pars, c'est décidé.
Je taille la route.
Dans ma valise ma chemise à fleurs, trois crayons de couleur bien taillés, un roman effrayant, mes lunettes de soleil. Je prends le train de nuit et je file à Porto.
Sous mon panama derrière mes lunettes noires je regarderais passer les hommes sur les terrasses de velours je mangerais du cochon aux palourdes j'oublierais le temps qui passe le temps qu'il fait j'oublierais mon nom mon âme et ma taille de pantalon .
Une mouette qui vole et puis c'est marre.



12 févr. 2016

sans objet


#52photoproject2016

6/objet

sans objet
ou la mélancolie d'un monde qui s'éteint
la clairvoyance comme une malédiction
coquille vide


4 févr. 2016

les bleus à l'âme comme des éclats de chocolat


#52photoproject2016

5/ bleu

les bleus du crépuscule ou de l'aube 
ce bleu que nous mangeons à la petite cuillère
bleu épais comme un manteau pour la Sibérie 
et tous les petits bleus sur ma peau et tous les petits bleus sur nos âmes comme des myosotis 

et milles idées, mille rêves, mille projets qui se fracassent sur les replis de mon cerveau comme autant de vagues sauvages et joueuses de l'océan 

13 févr. 2015

les berniques




les voyages sur la Lune sont plein d'entrain, ils ne servent à rien, et c'est ça qui est bien.
tu montes là-haut en soupirant, ahanant .
quand tu y es, tu fais des noeuds avec tes doigts de pieds et tu tricotes un petit manteau d'astrakan pour ton si petit coeur d'artifroid.
ensuite, il te faut rouler tes pantalons jusqu'aux rotules et tenter l'incursion dans la mer de la tranquillité.
parfois la pêche est bonne, parfois non.
ces quelques jours, qui là-haut se rassemblent en trois minutes et seize secondes, tu as mis dans ton seau à rayures turquoise et rose thé une famille de berniques .
la bernique de Lune est versatile, très Raoul, ne sert à rien mais peut être jolie sur un petit manteau d'astrakan , ou même sur un blouson étriqué.
la bernique de Lune a un squelette mou et tendre, une peau de petits riens et une carapace blanchie par le sel des mers mortes.
la bernique de Lune raconte même des histoires en deux parties qui n'en font qu'une.
la bernique de Lune, tu te l'accroches au col et tu lui sert de rocher vagabond, ou tu la laisse dans son habitat-coquille posé sur un très précieux secrétaire en bois d'ortie ou suspendu à un petit clou d'or sur un mur-nappe blanc de seiche.
mer de la tranquillité, donc, en trois minutes seize secondes, ou des jours et des poussières -selon que tu comptes en en-haut ou en-bas-, bonne pioche, bonne pêche.
tu redescends, content, en sifflotant, en chantonnant, des berniques de Lune plein tes poches.
et dans l'élan, tu les envoies près du pont d'Avignon.

penser à programmer des voyages sur la Lune plus souvent , ça ne sert à rien et c'est bien.

berniques de Lune ou Porthâtifs / des broches à porter ou à poser avec ou sans leur boîte à histoire / cf le site-rhizome

31 déc. 2014

le fleuve d'argent serpente de toi à moi et inversement



(27) Loin . souvent, je rêve que je pars loin, je maîtrise la téléportation et dans un soupir je peux m'évanouir ici et apparaître là, flotter dans le ciel de contrées lointaines, sauvages, invisibles . Je rêve souvent du lointain, je voyage ainsi  loin loin loin et ce loin ressemble à mes rêves, il ressemble à des mots que d'autres ont écrit à son propos, parfois il y a si longtemps, que ce loin-là n'existe plus . la plupart du temps, je vais loin sans bouger d'ici, par paresse, par peur un peu, par éthique aussi. je regarde les avions, je regarde les oiseaux, je regarde les mots de loin.

Loin n'est pas forcément à l'horizontal, c'est parfois à la vertical . J'y vais facilement, sous terre (28) . avec des crayons, des pinceaux, de la peinture, je vais sous terre en moins de temps qu'il ne faut pour aller loin.


Je sais aussi que partir loin sous terre, c'est la destination qui me sera le plus facile d'atteindre. j'ignore quand, mais je sais que, nécessairement, j'irais un jour six pieds sous terre discuter avec les racines, les vers, les mille minuscules vies qui s'y abritent et qu'ensemble nous fabriqueront une terre noire et fertile . Je sais que j'aurais au moins servi à cela .
Ce sous terre là peut être très beau, un peu féérique , une bonne lumière, quelques gisants tranquilles et ce loin-là sera très tendre.
(crypte du château de Pierrefond)



Ce lieu, cette image volée l'été dernier, me ramène vers un film (29) - le premier film que j'ai vu . Peau d'âne de Jacques Demy. les couleurs. ce film c'est mon loin, mon sous terre, ma douceur, mon enfance en entier contenu dedans, mon père l'enchanteur, ma mère la magicienne, Tristan et Yseult, croquechou le lapin, la pièce des costumes, les lumières sur la scène, les soirées dans les bois . Peau d'âne me met en joie, ma madeleine et le sous-texte/sous-terre ode à la liberté.

Douceur du (30) dans la maison, arrivé d'on ne sait où, sans doute du déjà lointain été, un papillon pimpant et bien vivant et dans ma main il se pose .


Nous voilà dans le dernier jour de cet an-ci, un jour qui s'étire comme un chat au soleil, mais ici, ciel velours, gris, lilas, quelques trouées de bleu, le ciel est une passoire, j'entends les moineaux, le merle, une tourterelle. des gens rient et parlent fort dans un jardin voisin. la cloche de l'école d'à côté égrène les heures. rien ne bouge vraiment. si je me concentre vraiment, j'entends mon coeur, peut-être même le sang dans les artères, et les navires à grandes voiles qui voguent dessus. si je tends vraiment l'oreille, j'entends les marins qui chantent une chanson à boire . Résolution (31) du problème : pour voyager loin, j'écoute mon intérieur pour mieux voir l'extérieur. Margaret, elle, a créé son premier oeuf.

à chacune, à chacun, Margaret / Henriette / mes marins intérieurs / mes rêves minuscules de lointain, de dessous la terre mais l'oeil à l'aguet  des trouées du ciel, nous vous souhaitons un bel an nouveau , frais, réfléchi, plein, généreux et ouvert vers l'autre et l'ailleurs, ici et maintenant.


(ici se termine , avec le désormais vieux 2014, la liste à la Prévert de La Marraine la fée, suivie comme ci comme ça , et aussi ici, ici, ici)

29 sept. 2014

Histoire comme ça



           Le démarrage, c'est presque l'enfer. Un drame derrière la porte. Mais c'est réversible. Il me suffit de remonter le temps, et c'est ce que je fais. Je remonte le temps , donc je remonte l'escalier, avec un peu d'avance cette fois. J'ai prévu des ciseaux. Ils brillent dans ma main droite. Je pourrais me défendre. La nuit, des baies sombres, et je croise le jeune homme. Il descend, les cheveux en bataille, la barbe emmêlée, le regard fou, un jeune chiot, il sourit à pleines dents, il a aussi des ciseaux à la main. Il rit en me voyant, il n'a pas peur, moi non plus. Je lui dis : donne-moi tes ciseaux et remontons. Nous nous enfermons, nous laissons passer le temps et personne ne se doutera de rien, personne n'en saura rien, ce sera comme si de rien n'était, comme si rien n'était arrivé. 
Et ça marche.


Il me tend son arme et me dit : je m'appelle Bee. J'aime le son que ça chante dans mon oreille. Nous montons à travers la brume. Il disparait. Et je croise maintenant l'Algérienne. On l'appelle comme ça. L'Algérienne. Peut-être qu'elle n'est pas du tout d'Algérie. Elle est belle, et sauvage et ses vêtements sont des haillons somptueux. Elle est très vieille et connaît comment le monde tourne, mieux que personne. Elle descend, elle, résolue. Rien ne peut l'arrêter. Elle avance dans un halo orange. Je ne sais pas si c'est le soleil qui se couche et qui enflamme la cage d'escalier ou si c'est de nouveau la nuit et l'orange du tungstène qui auréole l'Algérienne. Elle descend majestueuse et elle va leur faire comprendre aux merdeux du rez-de-chaussée. Elle va subjuguer la racaille d'en bas et calmer le jeu . Plus de drame. Bee a un nom et l'Algérienne gouverne de main de maître les bas-fonds, les hauts-fonds. Je peux dormir.


Les Grands Bois . septembre 2014