9 sept. 2017

lavis


Dans le train, je pensais que j'aimerais croiser une personne que je connaisse là-bas. Puis j'ai replongé dans les mots d'Erri De Luca. J'avais pris ce livre avant de partir parce qu'il tient dans mon sac, mais ni veste ni foulard. J'ai quand même pensé au parapluie. Je me suis retrouvée en Italie, il y a un livre posé contre un verre, devant la soupe ; la peau de Laila et du mimosa. J'ai croisé une personne connue, mais qui ne me connaît pas, j'ai crû d'abord que c'était un homme, c'était une femme. Elle a dit des mots qui m'ont plu sur l'inspiration, puis elle a parlé de tartan, et mon oeil s'est trouvé piégé dans des images qui disaient 'cheveux", 'perruque', 'tonsure' . Puis le mausolée des cheveux.  Finalement, j'ai oublié le temps dans les salles pour lesquelles j'étais venue. J'ai envoyé des images à des personnes que je connais, nous avons échangé quelques mots sur l'étrangeté, sur les cheveux et les reliques, des mots glissés vite fait sur l'écran d'un téléphone, dans la pénombre d'une salle d'exposition, un petit lien qui nous a tenu serrés quelques instants. Il pleut quand je sors, je n'ai pas si froid, mon parapluie est trempé et goutte dans le métro, une canette de bière tangue sur le sol, une grosse dame dit très haut "les gens sont des porcs". Dans le train, la jeune fille se noie avec avidité dans l'écran de son téléphone, elle dit qu'elle a enviiiiiiiiiiie de soleil, elle ferme jusqu'au cou son blouson argenté et se blottit dans les bras de son amoureux en lui chantonnant qu'il est vraiment trop chiant. Je regarde leur reflet dans la vitre, noyé dans la ville derrière, je retourne au jardinier qui égrène sa vie dans les pages du livre. 

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