13 juil. 2017

ce blanc
aurais-je les mots justes, ou juste les mots, pour y dessiner un après
il y a eu un glissement de terrain . quelque chose a tremblé en bordure de mon champ de vision, j'ai cherché à saisir l'impensable . quelque part, ils se tenaient debout et joyeux, le sol s'est dérobé sous leurs pieds, le vide les a happé, l'absence insolente et violente les a déchiquetés. nous, à la périphérie, nous avons vu le sol disparaître, le sol s'évanouir sous nos pas, nous avons vacillé, la béance profonde nous frôle, nous déséquilibre. je marche sur son arête, désormais, acérée, je perds l'équilibre. je la serre contre moi. autour, plus loin, les autres détournent le regard. ne pas en parler les protège peut-être, c'est ce qu'ils espèrent sans doute. alors je reste là avec cette douleur, avec un trou dans le corps, espérant vaguement que l'amie, celle qui le fût, peut-être osera rompre la glace, me saisir la main et libérer mes mots, que ceux qui ont à peine senti un tremblement du sol et de l'air ouvrent la bouche et libèrent mes mots . je ne suis que sur la bordure du paysage désormais crevé, éventré, ça fait mal. eux marchent au fond, tanguent, la joie s'est tarie. elle reviendra, timide, l'herbe repoussera, adoucira les bords tranchants du gouffre. le paysage ne sera plus le même, parce qu'un jour de mars, il a plié ses vêtements au bord de la rivière et choisi le silence .

4 commentaires:

  1. Tes mots me touchent au ventre, ça fait mal. Si tu as besoin de parler, je suis là (derrière mon écran ;-) et si tu passes pas trop loin d'ici, en vrai, viens!!! On parlera du vide qui se rebouche et de la joie qui reviendra. Je t'embrasse fort...

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  2. Si les mots reviennent à s'écrire, un rayon de vie. Des pensées, Madame.

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    1. Voilà. Ecrire, c'est déjà reconstruire.

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Bonjour, merci d'être passé dans ma cabane virtuelle . Si vous laissez une trace, je répondrais ici. A bientôt