29 sept. 2014

Histoire comme ça



           Le démarrage, c'est presque l'enfer. Un drame derrière la porte. Mais c'est réversible. Il me suffit de remonter le temps, et c'est ce que je fais. Je remonte le temps , donc je remonte l'escalier, avec un peu d'avance cette fois. J'ai prévu des ciseaux. Ils brillent dans ma main droite. Je pourrais me défendre. La nuit, des baies sombres, et je croise le jeune homme. Il descend, les cheveux en bataille, la barbe emmêlée, le regard fou, un jeune chiot, il sourit à pleines dents, il a aussi des ciseaux à la main. Il rit en me voyant, il n'a pas peur, moi non plus. Je lui dis : donne-moi tes ciseaux et remontons. Nous nous enfermons, nous laissons passer le temps et personne ne se doutera de rien, personne n'en saura rien, ce sera comme si de rien n'était, comme si rien n'était arrivé. 
Et ça marche.


Il me tend son arme et me dit : je m'appelle Bee. J'aime le son que ça chante dans mon oreille. Nous montons à travers la brume. Il disparait. Et je croise maintenant l'Algérienne. On l'appelle comme ça. L'Algérienne. Peut-être qu'elle n'est pas du tout d'Algérie. Elle est belle, et sauvage et ses vêtements sont des haillons somptueux. Elle est très vieille et connaît comment le monde tourne, mieux que personne. Elle descend, elle, résolue. Rien ne peut l'arrêter. Elle avance dans un halo orange. Je ne sais pas si c'est le soleil qui se couche et qui enflamme la cage d'escalier ou si c'est de nouveau la nuit et l'orange du tungstène qui auréole l'Algérienne. Elle descend majestueuse et elle va leur faire comprendre aux merdeux du rez-de-chaussée. Elle va subjuguer la racaille d'en bas et calmer le jeu . Plus de drame. Bee a un nom et l'Algérienne gouverne de main de maître les bas-fonds, les hauts-fonds. Je peux dormir.


Les Grands Bois . septembre 2014

2 commentaires:

Bonjour, merci d'être passé dans ma cabane virtuelle . Si vous laissez une trace, je répondrais ici. A bientôt