20 juil. 2012

géométrie variable













l'automne puis l'été
ici puis là
sous la pluie battante, je change de coquille
dans la nuit, je descend l'escalier du sud
jours et nuits emplies, rencontres emballements déception discussions et oranges pressées
dans la nuit, je remonte l'escalier du nord
sous le ciel gris, j'épluche la nouvelle coquille de ses oripeaux

et maintenant,
je redescends les marches vers le soleil
histoire de croire à l'été
retour dans une quinzaine pour poursuivre les histoires de coquilles

-et dans ma valise, 400 grammes de papiers pour quelques secondes à dessiner image par image l'épisode 5 et l'épisode 6-

12 juil. 2012

l'emballement



Il paraît que c'est l'anticyclone des Açores qui se croit en hiver 
il se balade sur le Groenland-bikini
et ici c'est l'automne-fourure 

j'enfile mes peaux de phoques et je vais chasser le renne.


8 juil. 2012

arbre-immeuble




ma maison abrite des maisons
ma maison habite des maisons
j'abrite mon coeur dans une cage ouverte dans une cabane de bois dans la dentelle des guêpes
les poupées russes
je mets ma maison dans des cartons pour m'envoler de ma cabane perchée
de ma cabane en bois vers une cabane de pierre
de ma cabane gardée par des pipistrelles vers une cabane gardée par des lions
fauves
d'un coup d'ongle, j'ai détaché les petites peaux des cabanes dentelles désormais inhabitées 

4 juil. 2012

dans un coin



c'était en décembre, à Rome, nous avons marché longtemps, croisé quatre belles dames de pierre gardiennes d'un croisement
les rues grimpaient puis redescendaient
nous avons cherché longtemps
dans la grande cave  , la voûte haute peinte d'hirondelles et de guirlandes feuillues
une famille déjà attablée nono nona zio zia papa mama bambini
dans mon assiette des pâtes al dente juste drapées d'or et de vert véronèse
al raddichio
trésor
j'essaie de retrouver le goût
pas de raddichio ici
trouvé une fois à Venise
ici j'ai tenté de faire revivre le souvenir : feuilles de betteraves
des pâtes al dente juste drapées de pourpre et de vert anglais
presque
mais pas vraiment
chercher encore

nous sommes sortis, sous la voûte du ciel bleu
pas d'hirondelle, c'était décembre
et les rues vides
les salles du musée vides
le triclium de la villa di Livia pour nous seules

je cherche le goût de la pasta al raddichio , or et vert Livia


(les murs de l'enfance à B. en france , les traces des plantations de mon père)

1 juil. 2012

rave


j'ai mis en boîte mes mains les tuyaux de mon cerveau
les fils les toiles les couleurs les pinceaux
dans le vide l'ennui
dans le vide le plein
avec la lame courbe et souple et douce
j'ai épluché mon coeur
petites et fines pelures
et redessiner la carte de l'entre-monde