31 août 2009

... voyager léger ...

Partir encore un petit peu , puis revenir, coeur léger, voyager encore derrière les paupières, ciel gris, ciel bleu , l'été s'étire comme un chat.

Madame Alfred ouvre la main :

Sous un toit de bois, elle voyage en papier, elle voyage léger.
Au-dessous, marais salants.
Les pieds dans la vase, elle écoute les chuintements de la vase.
Brise fraîche, bruine de trois secondes puis rayons de soleil, elle revêt sa peau à pois car elle n'a rien à se mettre.







* mobile de papier pour répondre à une poétique proposition de La course des Nuages / papier d'un cahier d'écolier (?) ramené, il y a très longtemps de ce qui finissait de se nommer Indochine . papier d'emballage léger comme soie . papier cuisson ocre et crissant .
* tunique réalisée parce que Je n'ai rien à me mettre , en jersey gris orage des coupons St-Pierre, avec des pois géants taillés dans un wax offert par Melle BN , partie pour de nouvelles aventures . Modèle japonais (le 3 d'Every Day, raccourci).

26 août 2009

... des lambeaux ...


... de ses petits voyages (3), encore et toujours . Des traces , des repères , de quoi réinventer l'histoire - la petite, ou la grande, après tout - et surtout 3 nuits le lit posé sur le chemin des moutons, 3 nuits à compter les étoiles filantes, 3 nuits comme dans un nid sous la bise .










"- J'aimerais que vous donniez un titre à la journée d'aujourd'hui.
L'homme a acquiescé en silence, et il a fixé un point du ciel cerné par les ténèbres de la nuit. Sans ciller, sans laisser échapper sa voix, même son souffle n'arrivait pas jusqu'à moi. Pour ne pas le déranger dans son travail, je suis resté immobile.
Bientôt, il a frappé le sol du bout de sa canne. C'était le signal. Il a penché son grand corps, s'est approché du creux de mon oreille, a dit d'une voix qui est allée frapper directement mon tympan :
- "Il n'y a personne qui n'ait pas de souvenirs".
J'ai tout de suite su que c'était le titre. Mon titre pour graver cette journée-là dans ma mémoire."
Yoko Ogawa, La guide.



25 août 2009

...fruits de saison...

De ses petits voyages (bis) , madame Alfred a retenu les flux, reflux, arrêts, postures, naissances, fins, chemins, flous, cascades des corps . Dans la chaleur moite du Rougier (Oui, la Rose, la réponse était sous tes yeux, et ce n'est pas celle que tu croyais) et sous des pluies d'étoiles à la nuit tombée, exploration et performances, c'était les saisons du corps .













" Au début, j'ai trouvé que Butterfly était un drôle de nom pour un bureau de dactylographie japonaise.
- Regardez le mouvement de la main tenant le levier qui cherche un caractère sur la casse, ne trouvez-vous pas qu'il ressemble à celui d'un papillon volant à la recherche du nectar des fleurs ? disait le directeur du bureau en désignant le travail de mes aînées.
J'était étonnée que cet homme approchant la soixantaine, petit, aux dents jaunes, et chauve, ait baptisé son bureau à partir d'une idée aussi romantique."
Yoko Ogawa, Le bureau de dactylographie japonaise Butterfly.

Encore un extrait de ce très beau recueil de nouvelles (choisi au hasard, parce la couverture était belle...) , pour Rose Chiffon, et Marie aussi ...


24 août 2009

... Interstice aquatique ...

De ses petits voyages , Alfred a retenu l'eau , ici, là .... elle est revenue de loin en loin glisser entre les doigts de pied de Madame .

eau miroir
eau vapeur
bleu piscine
H2O
eau sauvage
eau dansée
Oh

pas une seule fois
la grande bleue
pas une seule fois
la mangeuse d'hommes
(mais A. n'a pas dit son dernier mot , elle a pris rendez-vous)








"Ce que j'entendis ne fut pas un sifflement ni un chant, plutôt un son léger mais ferme. Il joignait le soulagement d'être enfin arrivé après de longues heures au fond de la mer à l'illimité de voyager encore plus loin.
J'ai essayé d'imaginer la silhouette du petit cadet debout au bord de la mer. Les deux pieds prenant solidement appui sur le sable, les paumes enveloppant doucement la vessie. La brise, comme si elle avait trouvé un repère, était attirée par lui. Le vent qui avait traversé la mer était à la recherche de la tiédeur de ses paumes.
Ses lèvres, exactement comme si le meirinkin était là, continuaient à faire vibrer les ténèbres. "

Yoko Ogawa, La mer.

20 août 2009

...Du grain à moudre...


Madame Alfred est de retour. Elle a à conter l'élasticité du temps et de l'espace, les interstices qui autorisent d'infinis voyages immobiles dans l'étroitesse des voyages mobiles, les failles, les crevasses, les Rêves.
En attendant, madame A. dépose aux pieds de Marie trois grains à moudre , trois petits points à conter des aventures facétieuses .

#15#

Le Rougier
Un cadenas rond et rouge
' A la page 3, j'ai rencontré une araignée, je l'ai croquée.'

11 août 2009

... à la sainte Philomène...



#14#

les Hauts-Plateaux d'Uyack
une toile d'araignée
'Crépuscule solaire, un coup de lune au coin de l'oeil'