31 mars 2009

... Les eaux de Mars...

... Pour détendre ses nerfs mis à rude épreuve, Madame Alfred a LA solution : se perdre dans des mètres de tissus doux, se laisser hypnotiser par l'aiguille qui court toute seule ... Ne plus penser à rien et construire des abris de corps pour les jours de pluies, les jours de soleil ...

Des couleurs qui n'ont rien de printanier pour Madame Alfred, mais le tissu est si moelleux ... rrr, la A. en ronronne de plaisir ... 
Trouvé ici , taillé à partir d'un livre en japonais -donc tellement poétique , agrémenté de trois gros boutons de bakélite (ah ... ce mot ...) dégoté dans une brocante un jour d'orage ... 

Revue de détails :




Pour sa ratatouille, Madame A. fait une concession au printemps ... pas de vert fulgurant, ni de pâquerette légère, mais une toile enduite couleur lilas pour se jouer de la pluie ... Encore un poème japonais découpé et cousu de fil blanc, non sans difficulté - la toile enduite est un animal sauvage et retors ...







26 mars 2009

... Vert Prévert ...

(...) quand ils arrivent
C'est déjà le printemps
les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés
Mais voilà le soleil
Le soleil qui leur dit
prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le coeur vous en dit
prenez si ça vous plaît
L'autocar pour Paris
(...)

 Jacques Prévert , Chanson des escargots qui vont à l'enterrement  (extrait).



24 mars 2009

... Printemps de fanfreluches...

Le jour de l'Equinoxe de Printemps, rassemblez, dans un recoin secret de votre cabane, les cailloux du Petit Poucet .

(Pause)

Dans un arrosoir dézingué et déglingué, versez prudemment quel
ques larmes de crocodile.
Ajoutez-y des perles de rosée recueillies une nuit de Lune Rousse avec une cuillère en bois de sureau.
Remuez le tout doucettement en tournant sept fois votre langue dans votre bouche.
Puis, secouez vigoureusement en récitant l'alphabet grec à l'envers.

(Pause)

Ayez une ingénue sous la main : c'est elle qui arrosera les Cailloux du Petit Poucet  à l'exact Instant de l'Equinoxe ...

(Respirez)

Couvrez votre semis d'une cloche de verre et patientez à son
 côté sans jamais le quitter des yeux durant cinq jours et cinq nuits - dans des Temps plus Anciens, cette opération délicate prenait une journée et une nuit de plus ... Depuis le Temps s'est compressé.

(Attente)

Au sixième jour, fermez les yeux, dormez à poings fermés, ronflez comme un sonneur le temps de tourner une page . 

De l'autre côté ... le Printemps est arrivé ...



C'est La Grande Cuisinière Lila Fanfreluche qui a mis aux fourneaux Madame Alfred  pour concocter ce plat de saison Kitsch .... D'autres spécialités printanières (pas moins de 151) à découvrir dans sa marmite  en l'honneur de ses 2 ans...

... Pluie Oculaire ...


En ce début de printemps estival, Madame Alfred pensait se la couler douce et envisageait de perdre, avec délice, son Temps à fendre avec allégresse les tissus légers entassés dans sa cabane ...
Mais comme secouée de transes prémonitoires, c'est d'un lainage -très léger, précisons-le- que la main (absolument innocente) de A. s'est saisie ... Un lainage très automnal ... Il n'en a pas fallu davantage pour que l'astre solaire s'en aille voir ailleurs s'il s'y trouvait - dommage.



(Une G. d'un livre très connu de la secte des couseuses franco-japonisantes - le 64, mesdames)

La A. le sait ... cette envie de ne faire que ce qui lui plaît la taraude sans fin depuis que les yeux inquisiteurs et farceurs des 400 Coups se sont posés sur elle ... bien rangés dans son cabinet de curiosité ...




Depuis qu'ils sont là, ils la regardent dans le blanc des yeux ; elle , elle ne les quitte pas des yeux . Mieux, elle les idolâtre ... Son Petit Cabinet de Curiosité est en passe de se transformer en autel dédié à la paresse de la fourmi (Elémentaire, mon cher Watson !).

Et la voilà qui glisse de nouveau  des yeux partout ...  La passion ... 




(des fleurs pour Ganousha  ... Madame A., envoûtée, obéit au doigt et à l'oeil à Sab la Farceuse...)

21 mars 2009

... Bourgeons ...


#Mobile Immobile 9 # C'est le Printemps

... ça bourgeonne dans le jardin, ça bourgeonne dans la tête de madame Alfred ... 

La A. se dit que même emmitouflée de laine, le vent est encore trop frais . 
La A. se dit que, calée dans son fauteuil à oreilles, derrière la fenêtre-loupe, tout-à-coup il fait presque l'été. 
La A. se dit qu'immobiliser le printemps à coup de ciseaux, de draps blancs et de tampons, ça vaut autant qu'une branche embourgeonnée dans l'air glacial de mars ... 

Alors la A. poursuit sa quête de marmotte derrière sa fenêtre estivale ...

20 mars 2009

... ombres de lumière ...


Le printemps vient de poser ses valises ; il s'invite par les fenêtres de Madame Alfred, dessinant, juste pour ses yeux, des continents éphémères, des territoires d'ombre et de lumière ... de quoi  errer ... de quoi voyager sans bouger ... Le printemps accroche ses doigts arachnéens aux lins légers, aux dentelles de coton ... Il se faufile dans les interstices de la vie de la A. ... Pourtant, ça et là, des lambeaux d'hiver résistent encore ; en douceur, ils s'évanouiront certainement dans un souffle du printemps ...







Ailleurs le printemps arrive aussi ... ailleurs  mais aussi ici, il se prépare à faire une entrée en fanfare ...

18 mars 2009

... Fantômes de Corps ...








continent à la dérive
qui m'aime me suive 
gouffres avides
tendez-moi la main 
rêves et ravins
règlent nos moulins
calent nos chagrins
le temps écrit sa musique
sur des portées disparues
et l'orchestre aura beau faire - pénitence
un jour j'irais vers l'irréel
tester le matériel
voir à quoi s'adonne
la Madonne
un jour j'irais vers une ombrelle
y seras-tu ... y seras-tu ... y seras-tu ...

Continent à la dérive
une vague idée me guide
c'est l'heure où je glisse
dans les interstices
à l'article de l'amour
je redeviendrais l'enfant terrible
que tu aimais
un jour j'irais vers l'irréel
un jour j'irais vers une ombrelle

y seras-tu ... y seras-tu ... y seras-tu ...
y seras-tu 
                                               L'Irréel , Alain Bashung, 2002



12 mars 2009

... Corps de Fantômes ...




Sur l'île de Torcello, égarée dans la brume et le silence, Madame Alfred a arrêté le Temps. Saisis, les voilà, les silhouettes des spectres qui hantent la Sérénissime . Dans les creux moussus de leur corps minéral, ils abritent des souvenirs émus, des souvenirs déçus, palimpsestes de récits d'amants de légende . 

8 mars 2009

... Lorgnette...

Madame Alfred vide ses fonds de poche et épingle sa collection des petits riens, des petits détails qui se sont égrenés autour de sa tasse de Cioccolatta Calda ces jours derniers.
De nouveau immobile dans sa cabane de bois, elle s'invente des balades improbables avec ses petits riens .